Plus de 75 ans de croissance

Les origines

Le Mouvement des Alcooliques anonymes remonte au Groupe Oxford, un mouvement religieux populaire aux États-Unis et en Europe au début du XXe siècle. Les membres du Groupe Oxford avaient comme précepte l’amélioration personnelle par l’inventaire de soi, l’admission de ses torts, la réparation, le recours à la prière et à la méditation et la transmission du message aux autres.

Au début des années quatre-vingt, un homme du Rhode Island bien intentionné, Rowland H., a rendu visite au psychanalyste suisse bien connu, Carl Jung, pour qu’il l’aide à solutionner son problème d’alcool. Jung a établi que dans le cas de Rowland, la médecine était impuissante, et seule une expérience spirituelle pourrait le soulager. Jung l’a dirigé vers le Groupe Oxford.

Plus tard, Rowland a initié au groupe un ami du Vermont, Edwin (« Ebby ») T., et les deux hommes ainsi que plusieurs autres ont finalement pu cesser de boire en mettant en pratique les principes du Groupe Oxford.

Bill W. était l’un des confrères de classe et un compagnon d’alcool du Vermont d’Ebby. Ce dernier s’est rendu chez son vieil ami au 182 rue Clinton, Brooklyn, New York, pour transmettre le message d’espoir.

Bill W. avait été un jeune prodige de Wall Street, et avait accumulé succès et pouvoir comme courtier, mais l’alcoolisme continu et chronique avait ruiné sa carrière prometteuse. À l’approche de ses 39 ans, il apprenait que son problème était désespéré, progressif et irréversible. Il a cherché un traitement médical à l’hôpital Towns de Manhattan, mais il buvait encore.

Au début, Bill n’a pas été impressionné par l’histoire de la transformation d’Ebby, et par les promesses du Groupe Oxford. Par contre, en décembre 1934, après une autre cure à l’hôpital Towns, Bill a connu une expérience spirituelle profonde, comme il n’en avait jamais éprouvée. Sa dépression et son désespoir ont disparu, et il se sentait libre et en paix.

Bill a cessé de boire et a passé le reste de sa vie à donner cette liberté et cette paix à d’autres alcooliques. Les racines du mouvement des Alcooliques anonymes avaient été plantées.

1935

Se joignent au mouvement...

Un alcoolique de New York a une vision de la manière de devenir sobre et fait la connaissance d'un médecin d'Akron qui pense comme lui. Leur première rencontre mènera à la création du programme de rétablissement en Douze Étapes et à la rédaction d'un livre qui transformera la vie de millions de personnes.

Bill et Lois au Groupe Oxford

Après le réveil spirituel de Bill W. à l'hôpital Towns (fin 1934), lui et sa femme Lois entrent au Groupe Oxford, mouvement non confessionnel basé sur les « quatre absolus » - honnêteté, pureté, générosité et amour - et assistent aux réunions de la Calvary House, près de l'Église épiscopale Calvary de Manhattan. Bill est inspiré par le charismatique pasteur Samuel Shoemaker (à droite), qui privilégie l'échange et l'entraide.

Un voyage d'affaires à Akron

Un travail à court terme conduit Bill à Akron, en Ohio. Dans le hall de l'hôtel, il doit lutter contre l'envie de prendre part à l'atmosphère de convivialité du bar. Il consulte un annuaire paroissial affiché au mur à la recherche de quelqu'un qui pourrait lui présenter un alcoolique avec qui parler. Un appel téléphonique au pasteur épiscopalien Walter Tunks le met en contact avec Henrietta Seiberling, adhérente dévouée du Groupe d'Oxford qui tente depuis deux ans de rendre sobre un autre membre du groupe, éminent chirurgien d'Akron.

Un groupe dans le groupe

On demande à Bill de parler à une grande réunion du Groupe d'Oxford à la Calvary House. Bill traite d'alcoolisme. Après la réunion, un homme l'aborde et dit qu'il cherche désespérément à devenir abstinent. Bill l’invite à se joindre à lui et à un petit groupe d’alcooliques qui se réunit tout près, à la cafétéria Stewart, après les réunions. Bill échoue dans ses efforts pour rejoindre ces alcooliques. Avec le temps, il éprouve plus de succès à aider les alcooliques, après avoir suivi les conseils du Dr William Silkworth de l’hôpital Towns. Le Dr Silkworth lui suggère de faire moins de sermons et de parler davantage de l’alcoolisme en tant que maladie.

Rencontre à la maison du gardien

Henrietta Seiberling, bru du fondateur de la compagnie Goodyear, invite Bill au domaineSeiberling, où elle habite la maison du gardien (droit). Elle lui raconte le combat du Dr Robert S. Les deux hommes se rencontrent le lendemain, jour de la Fête des Mères, le 12 mai 1935. Dans l'intimité de la bibliothèque, Bill raconte son histoire, ce qui incite le « Dr Bob » à se confier aussi. À la fin de l'entretien, plusieurs heures plus tard, le Dr Bob comprend à quel point l'aide spirituelle peut être le fruit de l'échange entre deux alcooliques.

Nouvelles amitiés à Akron

Bill accompagne les Smith aux réunions hebdomadaires du Groupe Oxford chez T. Henry Williams et sa femme Clarace, tous deux particulièrement sensibles à la situation difficile des alcooliques. Peu après, à la suggestion d'Anne, la femme du Dr Bob, Bill s'installe dans leur demeure, 855 avenue Ardmore (à droite).

Des hommes en mission

Dr Bob fait une rechute et se rétablit rapidement. Cette journée bien connue comme celle où Dr Bob a pris son dernier verre, le 10 juin 1935, est reconnue comme la date de fondation des Alcooliques anonymes. Dr Bob et Bill passent des heures à mettre au point la meilleure façon d'aborder les alcooliques, reconnus pour être réfractaires aux directives. Conscients qu'il semble plus facile de rester sobre un jour à la fois que d'envisager une vie entière de lutte, ils découvrent le concept du vingt-quatre heures.

Bill rentre à New York

Bill rentre à New York afin de se trouver un emploi, mais son besoin d'aider d'autres alcooliques le presse tout autant. Il cherche des candidats à l'hôpital Towns, où il rencontre Hank P., homme d'affaires ambitieux, qui sera son premier succès dans cet hôpital. Puis vient Fitz M., originaire du sud et fils de pasteur. Les deux deviennent amis et complices de Bill.

« L'homme sur le lit »

Impatients de transmettre le message, Bill et le Dr Bob cherchent de l'aide. Après un lent départ, ils font appel à l'Hôpital d'Akron, où ils trouvent un candidat, Bill D. Cet avocat prend à cœur le message que lui livrent Bill et le Dr Bob et promet de ne plus jamais boire… une promesse qu'il tiendra le reste de sa vie. Bill D., représenté par « l'homme sur le lit » (à droite, l'oeuvre d'un membre), est le troisième membre de cette association qu'on allait baptiser les Alcooliques anonymes.

Réunions hebdomadaires au 182 Clinton

Afin d'accroître les chances de rétablissement de ses candidats, Bill les accueille chez lui au 182 Clinton, à Brooklyn. Ces réunions du mardi soir deviennent vite l'occasion d'héberger temporairement certains participants, tout comme l'avaient fait Dr Bob et sa femme Anne à Akron.

1936

Une offre qui réveille la « conscience de groupe »

Charles B. Towns, propriétaire de l'hôpital Towns (ci-dessous), suggère à Bill de s'installer à l'hôpital, où il pourrait soigner les alcooliques, tenir ses réunions et participer aux bénéfices de l'établissement. Le soir même, Bill annonce la nouvelle à son groupe, qui s'objecte : toucher de l'argent pour répandre le message entamerait son intégrité. Bill verra dans cette résistance à la commercialisation le premier exemple de « la conscience de groupe », c'est-à-dire la sagesse du groupe primant sur celle des dirigeants. Ci-dessous, la fiche de la admission de Bill à Towns.

1937

Le bureau qui entrera dans l'histoire des AA

Bill a commencé à se rendre à un petit bureau situé au 17, rue William, à Newark, New Jersey (à droite), où il rejoignait Hank P. pour chercher du financement pour une nouvelle entreprise, Honor Dealers, une tentative de créer un programmme coopératif pour les détaillants d'essence du Nord du New Jersey. Ruth Hock était la jeune secrétaire du bureau.

Des projets d'avenir

Fin 1937, Bill retourne voir le Dr Bob à Akron. Faisant le point, ils constatent avec étonnement qu'au moins 40 des nombreux alcooliques qu'ils ont aidés sont abstinents depuis deux ans. Cette découverte amène des perspectives palpitantes : Bill et Bob parlent d’organiser une chaîne d’hôpitaux exclusive au traitement des alcooliques ; d’embaucher des gens rémunérés qui répandraient la nouvelle ; et de publier des écrits, surtout un livre, pour transmettre le message au loin.

Ça bouge à Akron

Les rencontres du Groupe d'Oxford pour alcooliques se poursuivent dans la vaste demeure du couple Williams (droit). Le Dr Bob se joint parfois à T. Henry pour animer la réunion. Les participants alcooliques prennent le sobriquet d' « escadron alcoolique du Groupe d'Oxford ».

Une rencontre capitale

Bill tente vainement de financer les projets élaborés avec le Dr Bob. En 1937, son beau-frère, le Dr Leonard Strong fils, parvient à organiser une rencontre avec des hommes liés aux œuvres philanthropiques de John D. Rockefeller fils (à droite). En décembre, lors d'une réunion à laquelle assistent Bill, le Dr Bob, le Dr Silkworth et quelques membres de New York et d'Akron, les bailleurs de fonds potentiels sont touchés et impressionnés par le travail de l'association. On fait cependant observer que l'argent pourrait gâcher le but poursuivi par le mouvement. Résultat : accueil enthousiaste et appui moral, mais pas de fonds.

1938

La position de Rockefeller

Frank Amos (à droite), présent à la rencontre de décembre et ami intime de John D. Rockefeller fils, accepte d'évaluer le groupe d'Akron et d'étudier la possibilité d'ouvrir un petit hôpital pour alcooliques. En février 1938, il passe plusieurs jours à Akron. Impressionné par le taux de rétablissement des membres, il propose un centre de rétablissement que dirigerait le Dr Bob, et recommande à Rockefeller un premier versement de 50 000 $, mais ce dernier croit que l'association devrait s'autofinancer. Le philanthrope verse cependant 5 000 $ pour les besoins essentiels de Bill et du Dr Bob.

La Fondation alcoolique

Frank Amos, et d'autres personnes qui avaient assisté à la rencontre de décembre, proposent de s'entretenir avec Bill, Leonard Strong et divers membres du groupe de New York sur la façon de doter le mouvement d'un cadre organisationnel. Il en naîtra la Fondation alcoolique, officiellement créée le 11 août 1938. Dr Bob en est administrateur et Bill fait partie du comité consultatif.

Les Douze Étapes

Au moment où il entreprend la rédaction du livre des AA, Bill en vient à croire qu'il devra élaborer un programme proprement dit pour guider l'alcoolique dans son rétablissement. S'inspirant des enseignements de Sam Shoemaker, du livre 'L'Expérience religieuse' de William James et de la démarche en six étapes du Groupe Oxford utilisée par Bill et Dr Bob pour transmettre le message, les Étapes augmentent à 12 et le programme en Douze Étapes des AA est né.

Le Gros Livre en chantier

Bill rédige un livre pour aider l'alcoolique qui ne peut assister aux réunions ni trouver de pairs à qui parler. Au bureau de Newark, il dicte ses notes manuscrites à Ruth Hock (ci-contre), qui les tape et les révise au fur et à mesure. Les chapitres sont polycopiés et postés à d'éventuels bailleurs de fonds, mais aussi à Eugene Exman, l'éditeur en matière de religion chez Harper & Brothers.

Works Publishing : un projet astucieux

Harper & Brothers offre de publier le Gros Livre, au grand plaisir de Bill et des administrateurs. Mais Hank P., un homme d'affaires astucieux, convainc Bill de vendre des actions de leur propre compagnie pour publier eux-mêmes l'ouvrage. Hank prépare un prospectus pour la future Works Publishing Company, avec un capital de 600 actions à 25 $ l'action (à droite).

1939

Le Gros Livre tâte le terrain

Quatre cents copies ronéotypées du manuscrit sont expédiées à des membres, des amis et autres alliés pour commentaires et évaluations. Parmi les collaborateurs les plus précieux se trouvent un médecin de Baltimore, qui suggère de faire écrire l'introduction par un médecin (ce dont s'acquittera le Dr Silkworth), et Harry Emerson Fosdick (à droite), très respecté ministre de la Riverside Church de Manhattan, qui appuie chaleureusement le livre et rédige une critique positive que l'association pourra utiliser à sa guise.

À Cleveland, un rejeton et un nouveau nom

Un résidant de Cleveland, Clarence S., qui assiste aux réunions locales du Groupe d'Oxford, annonce qu'il va, avec d'autres Clevelandais, fonder un groupe réservé aux alcooliques et à leurs familles. Comme d'autres groupes dissidents, ils adopteront aussi le nom du Gros Livre - « Alcoholics Anonymous » - dont des polycopies circulent à Akron. En mai 1939 a lieu la première réunion AA de Cleveland chez Al G. (aussi appelé Abby G.), avocat spécialisé en propriété industrielle.

Publication et déception

Avril 1939, quelque 5 000 exemplaires du Big Book, Alcoholics Anonymous, sortent de presse. Un projet d'article dans le Reader's Digest avorte, une émission radiophonique ne génère aucune commande, et les ventes sont rares. La déception présage un sombre été pour l'association de New York.

Bill et Lois perdent le 182 Clinton Street

La grande dépression s'atténue et la valeur des propriétés augmente. La compagnie qui détient l'hypothèque du 182 Clinton Street (ci-contre) vend l'édifice, et Bill et Lois doivent déménager. Ainsi commencent pour le couple deux années de résidence temporaire chez Hank P. et dans d'autres familles AA. Pendant toute cette période trouble, Bill et Lois continuent à transmettre le message du programme.

Le Dr Bob et la sœur Ignatia

Au printemps 1939, le Dr Bob propose à la sœur Ignatia Gavin (à droite), avec qui il travaille depuis 1934 à l'hôpital Saint-Thomas d'Akron, de commencer à soigner les alcooliques. Elle et le Dr Bob, au fil des ans, apporteront aide et réconfort à près de 5 000 patients hospitalisés.

Une première pour les femmes

Marty M., patiente d'un sanatorium de Greenwich, au Connecticut, lit le Gros Livre, puis assiste aux réunions au 182 Clinton Street. Elle devient la première femme à demeurer longtemps abstinente avec l'aide des Alcooliques anonymes.

Le coup de pouce de 'Liberty'

En quête de publicité pour le mouvement, Charles Towns raconte son histoire à Morris Markey, qui soumet son article, « Les alcooliques et Dieu » (un titre qui met Bill mal à l'aise), à Fulton Oursler, rédacteur en chef du magazine Liberty. Paru le 30 septembre 1939, l'article fait vendre plusieurs centaines de Gros Livres, et le bureau de Newark reçoit 800 demandes d'aide d'alcooliques et de leurs proches.

Autre rupture avec le Groupe Oxford

À l'automne 1939, la tension monte dans le Groupe Oxford d'Akron, dont les membres alcooliques veulent plus d'indépendance. Ceux-ci se réunissent chez le Dr Bob, même si Bob demeure fidèle à T. Henry et Clarace Williams. Le groupe naissant grandit et déménage bientôt à l'école King, un école élémentaire d'Akron.

1940

Le dîner Rockefeller

John D. Rockefeller fils reçoit à dîner au Union Club (à droite) pour faire connaître Alcoholics Anonymous. Comme Rockefeller croit que les AA devraient s'autofinancer et que les invités sont d'accord, aucune somme n'est demandée ni recueillie. Toutefois, Rockefeller veille à ce que l'événement reçoive une vaste publicité favorable. Au cours du mois qui suit, les membres commencent à faire des petits dons qui allègent les problèmes financiers auxquels devaient faire face les AA à leurs débuts.

Le premier club à New York

Comme la maison du 182 Clinton Street n'était plus disponible pour des réunions, les membres de New York se réunissent où ils le peuvent. Deux d'entre eux, Bert T. et Horace C., dénichent un petit édifice, 334 1⁄2 Ouest de la 24e Rue à Manhattan, et en paient le loyer. Rapidement, le club (à droite) s'anime, et plus tard cette année-là Bill et Lois, n'ayant pas d'autre endroit où loger, emménagent dans une des deux chambres à l'étage.

Le premier siège social

En mars 1940, Works Publishing quitte Newark et emménage dans un petit bureau du 30 Vesey Street (à droite) dans Lower Manhattan. Même s'il est risqué financièrement, ce déménagement signifie que pour la première fois l'association a son propre siège social.

L'anonymat mis à l'épreuve

Un receveur étoile des Indians de Cleveland que la presse juge « exubérant », car il boit beaucoup, annonce qu'il est abstinent depuis un an grâce aux Alcooliques anonymes. Son nom et son visage s'étalent dans toutes les pages sportives. Un tel manquement à l'anonymat amène Bill et les membres à se pencher sur le pour et le contre de ce principe.

Arrive le père Dowling

Un soir pluvieux d'hiver, fin 1940, un sympathique prêtre de Saint-Louis se présente au club de la 24e Rue. S'appuyant sur sa canne, le père Edward Dowling, jésuite (à droite), se présente à Bill, déclare qu'il a lu Alcoholics Anonymous, puis fait remarquer les parallèles entre les Douze Étapes et les principes de son ordre religieux. C'est le début d'un parrainage spirituel entre le père Dowling et Bill qui durera 20 ans.

Le message atteint Toronto

Le message s'étend au nord quand le pasteur George Little (à l'extrême droite), pasteur de l'Église Unie de Toronto et membre du mouvement de tempérance, entend parler du Big Book en 1940. Il en commande quelques exemplaires et en remet deux à un petit groupe d'alcooliques qui ont pris l'habitude de se réunir pour s'entraider. Menés par Tom E., ils forment le premier groupe AA du Canada et tiennent leurs réunions au-dessus de la taverne Little Denmark (à droite) en 1943.

1941

La Prière de la Sérénité

Ruth Hock reçoit une coupure de journal de la Prière de la Sérénité publiée dans le New York Herald Tribune en juin 1941. Ruth et de nombreux membres des AA de New York et d’ailleurs constatent que cette prière est particulièrement pertinente aux principes des AA. Bientôt, la prière est imprimée sur des cartes et distribuée aux membres des AA partout. Depuis, la prière est devenue un élément central des AA, on l’entend dans les réunions du monde entier. La paternité de la prière est généralement attribuée à un théologien protestant bien connu, le Dr Reinhold Neibuhr.

À la conquête de l'ouest

Au-delà de l'Ohio, des groupes commencent à se réunir dans de grandes villes comme Chicago, La Nouvelle-Orléans et Houston. Des alcooliques de Topeka, Fort Worth, Tucson, Omaha et Honolulu, et de petites villes du Midwest et de l'ouest emboîtent aussi le pas.

Le fameux article du 'Saturday Evening Post'

En lui parlant des Alcooliques anonymes, deux amis de Philadelphie piquent la curiosité du juge Curtis Bok, propriétaire et rédacteur en chef du The Saturday Evening Post. Bok demande à l'intraitable reporter Jack Alexander de raconter l'histoire de l'organisation. L'article de 7 500 mots, paru le 1er mars 1941, fait connaître les Alcooliques anonymes au public et entraîne une spectaculaire augmentation des ventes du Big Book et du nombre d'adhérents.

Le premier groupe d'intérêts particuliers

Le premier groupe connu réservé aux femmes est fondé à Cleveland en 1941, inaugurant la tradition des groupes d'intérêts. D'autres suivent bientôt l'exemple à New York, Minneapolis, Salt Lake City et San Diego. Au milieu des années 1940, la proportion de femmes dans le mouvement est d'environ une sur six. Les groupes de femmes pavent la voie à d'autres, et l'on verra apparaître des groupes pour jeunes, personnes âgées, gays et lesbiennes, médecins, avocats et autres.

Bill et Lois emménagent à Bedford Hills

Des amis du comté de Westchester, juste au nord de New York, aident Bill et Lois à trouver du financement pour enfin acquérir une maison à Bedford Hills. Le 11 avril 1941, le couple dort dans sa propre demeure. Grâce à la confortable maison en bardeaux et au toit en croupe (à droite), baptisée Stepping Stones, Bill et Lois connaîtront un peu d'intimité pour la première fois depuis la fondation du mouvement.

Bill prend la route

De quelque 2 000 membres au printemps 1941, le mouvement passe à environ 8 000 à la fin de l'année, répartis dans 200 groupes dans tout le pays. Pendant trois ans, Bill visitera ces groupes où il fera personnellement connaissance avec plusieurs membres.

1942

Les groupes des AA en prison

Clinton T. Duffy, directeur de San Quentin à San Francisco, veut réformer les prisons. Il appelle à se pencher sur les besoins des détenus qui ont commis des crimes en état d'ébriété. Duffy s'adresse aux membres AA de la Californie, et un premier groupe est créé en institution, à San Quentin. Les détenus tiennent leur première réunion en 1942.

Une lettre d'Australie

Après avoir lu un article sur les Alcooliques anonymes dans l'American Journal of Psychiatry, le Dr Sylvester Minogue (droit), directeur médical du Rydalmere Hospital de Sydney, écrit au AJP en demandant que sa lettre soit référée à la 'Alcoholic Foundation' à New York. En réponse, il recevra un exemplaire du Big Book et entretiendra une correspondance avec la secrétaire Bobbie B., du bureau de New York, préparant le terrain pour la fondation de groupes des AA en Australie.

1943

Bill voyage toujours

L'un après l'autre, les groupes surgissent et Bill continue de parcourir le pays, souvent accompagné de Lois. Dans les villes où il passe, grandes et petites, son arrivée provoque l'enthousiasme des membres, qui affluent pour l'entendre discourir et pour lui parler. L'annonce ci-contre invite les gens à venir entendre Bill lors d'une réunion publique au Connecticut.

Le deuxième groupe canadien à Windsor

Des alcooliques commencent à se réunir à Windsor, en Ontario. Le deuxième groupe canadien naît en octobre 1943.

Les AA durant la guerre

Durant la Deuxième Guerre mondiale, le mouvement fait sa part. En avril 1943, un article du Star-Telegram (à droite) de Fort Worth, au Texas, rapporte que le mouvement a réduit l'absentéisme dû à l'alcoolisme dans les industries de guerre. Selon l'article, le programme AA a aidé jusqu'à 5 000 travailleurs à reprendre le travail.

1944

Les débuts du AA Grapevine

Un bulletin de huit pages, destiné à informer les membres (dont les soldats à l'étranger), devient le magazine officiel du Mouvement. Le premier numéro paraît en juin 1944. Elle sera surnommée « la réunion des AA par ecrit ».

Box 459 est inauguré pour recevoir le courrier

« About Your Central Office », un bulletin distribué aux groupes AA par la Fondation alcoolique, annonce qu'« à partir du 1er mai 1944, notre nouvelle adresse sera : P.O. Box 459, Grand Central Station ». Box 459 deviendra à la fois l'adresse postale et l'adresse symbolique du mouvement des Alcooliques anonymes, qui compte beaucoup sur la poste à ses débuts.

Marty M. et le NCEA

Inspiré par les efforts de Marty M., le Dr E. M. Jellinek, leader américain de la recherche en alcoolisme, réunit deux autres autorités médicales pour créer le National Committee for Education on Alcohol (NCEA). Le siège social du NCEA est situé à l'Université Yale, à New Haven, CT (à droite). Au nom du NCEA, Marty entreprend une tournée nationale pour raconter son combat avec l'alcoolisme.

Début des groupes de femmes en prison

Le premier groupe connu de femmes en prison naît le 18 mars 1944 à Clinton Farms (New Jersey).

Le premier groupe francophone des AA

Dave B., ex-employé de banque et comptable de Montréal que l'alcoolisme a précipité au bas de l'échelle, devient sobre après avoir lu le Gros Livre que lui a envoyé sa sœur. Il contacte les Alcooliques anonymes à New York, commence à tenir des réunions chez lui et lance le premier groupe francophone du monde.

1945

L'hôpital Knickerbocker traite les alcooliques

L'hôpital Knickerbocker de New York tente une expérience et admet les patients alcooliques en traitement. Le département AA est dirigé par notre premier ami médecin, le Dr William Silkworth

Se joignent au mouvement…

Après la Deuxième Guerre mondiale, des groupes AA commencent à surgir dans d'autres pays, alors que la nouvelle de la jeune organisation se répand dans les pays de l'Amérique latine, de l'Europe et de la ceinture pacifique. Le premier congrès international de l'association et la Conférence des Services généraux verront le jour au cours de la décennie suivante.

Le dixième anniversaire des AA

Plus de 2 500 membres et amis, venus de 36 États et deux provinces canadiennes, se réunissent à Cleveland afin d'honorer Bill W. et Dr Bob et aussi pour célébrer le dixième anniversaire des Alcooliques anonymes. Parrainé par les 44 groupes de la ville, l'événement de deux jours comprend des réunions portes ouvertes, des réceptions, un thé, une assemblée au Severance Hall (à droite) et un dîner de clôture à l'hôtel Carter. Selon le Grapevine, les discours de Bill et Dr Bob retracent avec « gratitude, humilité et simplicité » le développement du mouvement.

La portée d'un article de magazine

« Peut-être puis-je y arriver aussi », tel est le titre d'un article sur Edward G., un membre AA, qui paraît dans le numéro d'octobre 1944 du Reader’s Digest et qui sera traduit dans plusieurs éditions internationales du magazine pendant quatre ans. Des alcooliques du monde entier écriront à la Fondation alcoolique pour en apprendre davantage sur le mouvement.

Premières réunions en Australie

Dans une lettre à Archie McKinnon, un infirmier en psychiatrie désireux d'aider les alcooliques de Sydney, Bobbie B., de la Fondation alcoolique, fournit le nom de deux hommes partageant le même but : le Dr Sylvester Minogue et le père Tom Dunlea, fondateur de Boystown en Australie. Ensemble, ils fondent le premier groupe AA du pays. Rex A. sera le premier membre à devenir sobre et le demeurer.

Des groupes afro-américains

Au début de 1945, cinq Afro-Américains de Saint-Louis forment un groupe qui se développe rapidement. À Washington, Jim S., parrainé par un membre nommé Charlie, entreprend de tenir des réunions dans un local loué au YMCA. Par la suite, Jim aidera à lancer le premier groupe de Harlem. En 1950, des groupes afro-américains auront été créés à Détroit, Chicago, Philadelphie, Los Angeles, Cleveland et ailleurs. Dans un pays de grande diversité, le mouvement accueillera tous les alcooliques qui veulent cesser de boire.

Un avant-poste dans l'Atlantique

Prenant conseil à la Fondation alcoolique, Steve V., membre AA autrefois de Trenton, au New Jersey, forme un groupe à Saint-Georges, aux Bermudes. Le groupe passe de deux à six membres en un mois, puis croît rapidement. L'année suivante, le Hamilton Mid-Ocean News publiera 12 articles sur les Alcooliques anonymes.

Sur une note plus légère

Les articles et lettres du Grapevine sont parfois agrémentés de bandes dessinées reliées à l'alcool, comme « Down Alibi Alley » (à droite), d'un membre AA. On trouve aussi, dans les premières éditions, «Barley CORN !!», une rubrique humoristique.

Des avances d'Hollywood

Dans la foulée du film 'The Lost Weekend', qui raconte la déchéance d'un alcoolique et remporte un Oscar en 1945, trois studios d'Hollywood offrent jusqu'à 100 000 $ au mouvement pour les droits de l'histoire de l'association. La Fondation alcoolique, craignant les atteintes à la vie privée, rejette ces offres au nom des membres A.A.

1946

L'Irlande adopte le programme

Connor F., membre AA de Philadelphie et ancien propriétaire de taverne, fait un voyage en Irlande qui mène à la formation du premier groupe irlandais. Avec sa femme, il se rend dans un sanatorium de Dublin, où il rencontre Richard P., originaire de Belfast. Richard lit le Gros Livre remis par Connor, puis écrit à un certain nombre de contacts qui ont entendu parler des AA par le biais du père Tom Dunlea. (Celui-ci, l'un des fondateurs du premier groupe australien, a aussi transmis le message lors d'un séjour en Irlande.) Le premier groupe AA d'Irlande se réunit bientôt au Country Shop du St. Stephen's Green à Dublin.

Les Douze Traditions

Une à une, les Douze Traditions des AA élaborées par Bill W. sont publiées pour la première fois. Elles sont diffusées dans le Grapevine, devenu une plaquette compacte.

Les AA dans la presse

La croissance rapide des AA entraîne une couverture accrue dans la presse. L'article du Kings Feature Syndicate, à droite, paraît dans les journaux de tout le pays au printemps 1946. Il porte sur les femmes alcooliques qui sont de plus en plus nombreuses à se joindre aux AA

Premières réunions connues au Mexique

Les Américains Lester F. et Pauline D. créent un groupe pour la communauté anglophone de Mexico, pendant qu'un Mexicain résidant à Cleveland, Ricardo P., traduit en espagnol des portions du Gros Livre. L'importation de publications en espagnol sur l'alcoolisme et la création de groupes hispanophones sont approuvées par le Conseil mexicain d'information publique, à la fin de l'été.

Incursions en Afrique

En 1946, le mouvement AA voit le jour en Afrique en trois lieux différents. Les fondateurs ne se connaissent pas sont : Arthur S., qui découvre le mouvement par le Reader’s Digest, contacte la Fondation alcoolique et forme un groupe à Johannesburg ; Pat O'F., de Capetown, a aussi consulté la Fondation alcoolique ; et Val D., qui devient abstinent après avoir lu le Big Book que lui a remis un prêtre, fonde bientôt un groupe dans la ville de Springs.

Déclaration des administrateurs sur les campagnes de financement

Pour freiner les œuvres caritatives qui veulent profiter de l'ascendant des AA, la Fondation alcoolique émet une déclaration visant les organisations qui laissent entendre publiquement qu'elles sont parrainées par le mouvement. La déclaration dit, entre autres: « Non seulement les Alcooliques anonymes n'appuient pas cette sollicitation de fonds, mais ils désapprouvent l'usage non autorisé de leur nom pour toute collecte de fonds. »

Le premier groupe de Nouvelle-Zélande

Ian McE., résidant de Richmond dans l'Île du Sud, se rend lui-même à un hôpital psychiatrique dans l'espoir de dessoûler. Là, il met la main sur l'article du Reader’s Digest « Peut-être puis-je y arriver aussi », se reconnaît dans le sujet et écrit à Bobbie B., à la Fondation alcoolique. C'est le début d'une longue correspondance (et relation de parrainage) avec Bobbie qui mènera à la formation du premier groupe de Nouvelle-Zélande.

1947

Premiers balbutiements en Angleterre

Le premier groupe officiel des AA en Angleterre ne naîtra qu'en 1948, mais les choses commencent à bouger lorsqu'une Américaine en visite contacte cinq Londoniens qui ont écrit à la Fondation. Une rencontre est prévue à l'hôtel Dorchester (ci-contre) le 31 mars 1947. Parmi les huit participants figurent deux membres d'Amérique du Nord : une Californienne d'Hollywood dont Grace a fait la connaissance lors d'un voyage outre-Atlantique, et « Canadian Bob », qu'elle a connu dans un restaurant de Londres et qui jouera un rôle majeur dans la croissance des AA. Les réunions se poursuivront dans des restaurants et des résidences, dont celle de Canadian Bob.

Des militaires fondent des groupes dans le Pacifique

Dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale, des militaires américains des bases du Pacifique lancent, avec l'aide de la Fondation alcoolique, des groupes AA. À l'été 1947, à Guam, un groupe passe de quatre à 24 membres en un mois. À l'automne de la même année naît le groupe Pioneer à Okinawa.

Mission en Norvège

Immigrant norvégien propriétaire d'un café dans le Connecticut, George F. écrit chez lui en Norvège pour annoncer qu'il est devenu sobre grâce aux AA. Apprenant que son frère, typographe dans un journal d'Oslo, est un alcoolique au bord de la ruine, George et sa femme vendent tout et rentrent en Norvège. Ne montrant d'abord aucun intérêt pour les Douze Étapes, le frère de George finit par prendre le message à cœur et devient sobre presque aussitôt. Il met des annonces dans son journal et finit par former un groupe de membres des AA - le premier groupe de Norvège.

Les AA s'autofinancent

Bill W. rapporte que les revenus de la vente du Big Book et des contributions des groupes ont permis à la Fondation alcoolique de 's'autofinancer'. L'idée des contributions est née quand on a estimé que si chaque groupe envoyait l'équivalent de 1 $ par année par membre, cela suffirait à défrayer toutes les dépenses de la Fondation. Ces contributions étaient totalement volontaires, et chaque groupe recevait les mêmes services, peu importe sa contribution, ce qui est toujours vrai aujourd'hui.

Le préambule des A.A.

Dans le numéro de juin 1947 de la revue A.A. Grapevine paraît pour la première fois une déclaration qui définit l'association et sa mission. Cette déclaration, connue sous l'appellation de 'Préambule des A.A.',est rapidement adoptée par les groupes des A.A. et elle est régulièrement incluse dans les publications des A.A.

Expansion au Canada

Fin 1947, des groupes des Alcooliques anonymes apparaissent dans les provinces maritimes de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. Des groupes ayant déjà été formés en Ontario (1943), au Québec (1944), en Alberta et au Manitoba (1945), en Colombie-Britannique (1946) et en Saskatchewan (1947), les AA s'étendent maintenant d'un bout à l'autre du pays. À droite, un local de réunion à Cheticamp, Nouvelle-Écosse.

Des débuts agités au Brésil

Après deux ans de correspondance sporadique entre la Fondation alcoolique et quelques résidants américains du Brésil, Herb D. devient contact officiel des AA. En septembre 1947, il demande et reçoit un lot de brochures et le nom d'un autre membre vivant à Rio de Janeiro. Les deux hommes se mettent à la recherche de candidats et commencent à former le premier groupe des AA du Brésil.

1948

Une « filiale » suédoise

Frank B., un Américain d'origine suédoise devenu sobre à Newark au New Jersey, déménage en Suède et informe le groupe de Newark qu'il s'est joint à un groupe AA à Borås… à la grande surprise de la Fondation alcoolique. Le groupe est en fait affilié à la société Links. (Fondée par un membre du Conseil antialcoolique de Stockholm, la Links Society est vaguement basée sur les concepts AA, avec lesquels s'est familiarisé ce responsable lors d'un voyage aux États-Unis en 1939.) Il s'ensuit un échange de lettres entre la Fondation et le groupe Links de Borås, qui sera finalement répertorié auprès des Alcooliques anonymes en février 1948. Dans les années suivantes, d'autres groupes suédois passeront de la Links aux AA, et le BSG suédois publiera les Douze Étapes sous forme de plaquette (droit).

Le message en Finlande

Quelques alcooliques se réunissent chaque semaine chez un couple à l'emploi du Bureau d'assistance sociale d'Helsinki. Avec « maman et papa », leurs chefs, ils entendent parler des Alcooliques anonymes quand l'article « Peut-être puis-je y arriver aussi » paraît dans l'édition finnoise du Reader’s Digest. Le groupe adhère tant aux principes AA qu'à ceux de la société Links de Suède. Plus tard, les groupes finlandais se joindront au mouvement AA.

Les débuts en Corée

Début 1948, le père Mosley reçoit des publications AA de New York et démarre un groupe à Séoul. Deux autres groupes se réunissent sporadiquement pendant trois ans, mais ce n'est qu'en 1952 que sera fondé le premier groupe répertorié à la Fondation alcoolique, le groupe Yong Dong Po, du nom de la ville où a lieu la première réunion.

Akron souligne son treizième anniversaire

Quelque 4 000 membres de l'Ohio se réunissent à Akron pour célébrer un autre événement, le treizième anniversaire des AA. La rencontre, à laquelle assistent Bill W. et le Dr Bob, s'ouvre sur une prière du révérend Walter F. Tunks, le pasteur qui a recommandé Bill à Henrietta Seiberling en 1935.

Boom AA d'après-guerre au Japon

Après la parution d'un article sur les AA dans le Pacific Stars and Stripes, la Fondation alcoolique est inondée de lettres de militaires américains basés au Japon. Les noms sont envoyés à Harry G., qui rédige à Tokyo un livre sur les procès pour crimes de guerre de 1945 à 1948. (En décembre 1947, Harry a avisé la Fondation que le Japon est un terrain propice aux AA.) Avec un membre de l'Indiana, il forme un groupe anglophone, d'où naîtront éventuellement des groupes japonais dans tout le pays.

La maladie du Dr Bob

À l'été 1948, le Dr Bob apprend qu'il a un cancer en phase terminale. Il ferme son cabinet et se retire de la pratique médicale. En décembre 1948, Dr Bob prononcera sa dernière allocution d'importance devant des membres des A.A. à Détroit, Michigan.

1949

Le messager écossais

En 1948, sir Philip D., gentleman-farmer écossais qui se bat depuis longtemps avec l'alcoolisme, se rend aux États-Unis à l'invitation du Groupe d'Oxford, où un membre AA, George R., lui présente les principes du mouvement. Sir Philip retourne en Écosse déterminé à cesser de boire et à transmettre le message AA. Il devient abstinent, et les premiers groupes connus d'Écosse sont fondés en mai 1949 à Édimbourg et à Glasgow, où les réunions se tiennent à l'hôtel St. Enoch (à droite).

Bill W. s'adresse à l'American Psychiatric Association

Le Dr Kirby Collier, de Rochester (New York), l'un des premiers admirateurs du mouvement dans la profession psychiatrique, invite Bill W. à participer à un symposium sur l'alcoolisme l'assemblée annuelle de "l'American Psychiatric Association" à Montréal en mai 1949. Le discours de Bill, intitulé "The Society of Alcoholics Anonymous" marque l'acceptation du mouvement par une autre grande organisation médicale américaine.

Croissance rapide en Hollande

En janvier 1949, Henk Krauweel, du Bureau médical sur l'alcool à Amsterdam, informe la Fondation que lui et deux de ses patients, John V. et Carel A., veulent organiser une rencontre AA à la mi-février. Leur initiative est couronnée de succès. Pendant les deux prochaines années, des groupes seront fondés à Rotterdam, Haarlem, La Haye et dans d'autres villes néerlandaises.

1950

Le premier congrès international des AA

En juillet 1950, quelque 3 000 participants soulignent le 15e anniversaire des Alcooliques anonymes lors d'un congrès international à Cleveland, au Cleveland Public Auditorium (à droite), où l'un des événements les plus significatifs est l'adoption des Douze Traditions. Le Dr Bob s'adresse aussi pour la dernière fois en public au mouvement et, dans son court message, il insiste sur la bonté et l'importance de 'garder ça simple'.

Au Danemark, de la Ring i Ring aux AA

En 1948, un groupe membre d'une société nationale de tempérance, la Ring i Ring, a été créé par le Dr Martensen, un médecin qui traitait des patients alcooliques. Il se reunissant dans un restaurant (à droite) dans le zoo de Copenhague. Durant l'été 1949, un membre des AA, Gordon McD., et sa femme ont visité Ring i Ring dans une salle de réunion à Lyngby, une petite banlieu de Copenhague. En janvier 1950, le groupe a changé son nom pour "Ring i Ring Danish A.A." et s'est inscrit auprès de la Fondation alcoolique. Quelques années plus tard, certains membres de Ring i Ring se sont dissociés et ont tenu des réunions fermées fondées sur les Douze Étapes et autres principes des AA.

Le premier groupe du Pérou

Après avoir lu dans le magazine Look, qu'il existe un traitement pour l'alcoolisme aigu, Percy N., un Américain de Lima, écrit à la Fondation alcoolique pour connaître ses vues sur le sujet. Pour réponse, la Fondation lui envoie trois brochures AA. À son tour, Percy dit vouloir devenir membre et fonder un groupe, ce qu'il fait en novembre 1950.

La mort du Dr Bob

Le Dr Bob meurt du cancer le 16 novembre 1950. Pendant les 15 ans d'abstinence du médecin d'Akron, l'association qu'il a fondée avec Bill W. a transformé la vie de près de 100 000 hommes et femmes et de leurs proches.

1951

La première Conférence des Services généraux des AA

La première Conférence des Services généraux, orchestrée par Bernard Smith, président de la Fondation, a lieu en avril 1951 à l'hôtel Commodore, à New York. Bill W. en décrira ainsi l'importance pour les AA : « Les délégués… ont entendu les rapports du Conseil d'administration et de tous les services. Il y a eu de vives mais cordiales discussions sur plusieurs questions de politique AA… [Il a été démontré] comme jamais auparavant que la Deuxième Tradition était juste : notre conscience collective pouvait sans risque agir comme seule autorité et guide sûr des Alcooliques anonymes. »

Un prix prestigieux

En octobre 1951, à San Francisco, l'American Public Health Association remet aux Alcooliques anonymes le prix Lasker, « en reconnaissance de son approche unique et fructueuse d'un problème social et de santé publique séculaire ». Ce prix est rendu possible grâce aux dons de Mary et Albert Lasker, des philanthropes de New York. Une cérémonie où prennent la parole Bill W. et le président du Conseil, Bernard Smith, attire quelque 3 000 membres A.A, proches, médecins, spécialistes de la santé publique et ecclésiastiques. La photographie de presse ci-contre montre Bernard Smith en haut à gauche.

1952

L'arrivée d'Al-Anon

Depuis les tout débuts du Mouvement, les proches des membres AA se sont réunis pour partager leur vécu dans le cadre de groupes familiaux peu structurés. Bill W. presse sa femme Lois de créer une association distincte afin d'officialiser ces rencontres. Avec l'aide d'Anne B., qui a mis sur pied un groupe familial dans le comté de Westchester (New York), Lois écrit à 87 de ces groupes les invitant à s'unir sous le nom d'Al-Anon. La réponse est positive et les Groupes familiaux Al-Anon sont nés. En janvier 1952, Lois et Anne déplacent le bureau de la jeune organisation de Stepping Stones au club de la 24e Rue à Manhattan.

Les Caraïbes via le Canada

Même s'il y a eu des demandes en provenance des Bahamas dès 1944, un membre AA originaire de Toronto qui vit à Nassau, Burton L., crée en 1952 le premier groupe stable des Bahamas - quatre membres qui se réunissent le dimanche après-midi. Ce groupe, l'un des premiers des Caraïbes, fait une contribution de 6 $ en s'inscrivant à la Fondation alcoolique.

1953

Des débuts d'après-guerre en Allemagne

Une poignée de militaires, tous des alcooliques en rétablissement stationnés à la première base américaine à Munich après la fin de la Deuxième Guerre, prennent sur eux de former le premier groupe connu des AA en Allemagne. Ils placent des affiches pour annoncer une réunion qui doit avoir lieu à l'hôtel Leopold (ci-contre) le 1er novembre 1953. Parmi les 25 participants se trouvent Max, Kurt et Heindrich, qui se joindront aux Américains dans ce qui sera appelé le « groupe mère » d'Allemagne.

Les Douze Étapes et les Douze Traditions publiées pour la première fois en 1953

Bill W. se consacre davantage aux projets d'écriture, dont l'un sera Les Douze Étapes et les Douze Traditions, le livre qui expose sa compréhension profonde des principes fondamentaux du mouvement.

Le premier groupe du Nicaragua

À l'automne 1953, le Grupo de AA La Merced est fondé à León par Jack M., qui s'est installé au Nicaragua en 1950 et a adhéré aux AA lors d'un bref séjour aux États-Unis. Des groupes commenceront à se réunir dans la capitale Managua et autres grands centres nicaraguayens, dix ans plus tard, avec l'aide de la Fondation alcoolique.

Le Big Book en Belgique

En octobre 1953, lors d'une réunion d'alcooliques anglophones et belges à Bruxelles, Jean L. présente le Big Book et les principes des Alcooliques anonymes. En quelques mois, des groupes commencent à se réunir non seulement dans la capitale belge, mais dans d'autres villes de Flandre et de Wallonie.

1954

Bill W. refuse des diplômes honorifiques

Au vu du succès des Alcooliques anonymes, plusieurs collèges et universités offrent à Bill W. des diplômes honorifiques. Bill décline et explique pourquoi dans cet extrait d'une lettre à l'université Yale qui lui proposait un doctorat honorifique en droit: « La tradition des Alcooliques anonymes… presse chaque membre d'éviter ce type particulier de publicité ou de distinction personnelle qui pourrait lier son nom à notre société dans l'esprit du public. » Il rappelle alors la nécessité, dans le mouvement, de rester anonyme, selon la Douzième Tradition.

La Fondation alcoolique devient le Conseil des Services généraux

Le changement de nom de Fondation alcoolique à Conseil des Services généraux des Alcooliques anonymes a d'abord été proposé à la première Conférence des Services généraux, au printemps 1951, mais devient officiel en 1954. On veut par là envoyer le signal que les membres assument leurs propres responsabilités.

Le nombre de membres dépasse 100 000

Après deux décennies, quelque 130 000 membres AA se réunissent dans environ 6 000 groupes sur les cinq continents.

1955

Se joignent au mouvement…

Le congrès de Saint-Louis, en 1955, confirme la maturité du mouvement, alors que Bill W. remet aux membres la responsabilité du Triple Legs du rétablissement, de l'unité et du service. Ce congrès annonce une décennie de changements, une décennie qui voit la consolidation des groupes familiaux sous le nom d'Al-Anon. Cette association distincte a, comme les Alcooliques anonymes, gagné presque toutes les parties du monde.

Les AA en Argentine

Au début des années 1950, Hector G., de Buenos Aires, est délivré de l'alcoolisme après avoir lu Alcoholics Anonymous et demandé l'aide d'un médecin. Il écrit à la Fondation alcoolique, qui lui envoie des publications AA en espagnol, et lui demande s'il accepte de servir de contact pour de futurs candidats. Hector fonde le premier groupe connu d'Argentine et rapporte, en 1955, que ses membres savourent leur abstinence toute neuve.

Un bulletin pour les Isolés

Des centaines d'Isolés (membres répertoriés auprès des AA sans appartenir à un groupe) reçoivent du BSG le bulletin mensuel, "Twelfth Stepper", qui publie des témoignages personnels d'Isolés du monde entier et déclare vouloir permettre à ces membres de « partager les uns avec les autres l'amour et la gratitude, la force et la foi des AA ». Un autre bulletin, "The Internationalists Round Robin", était né en 1949 des efforts du capitaine Jack S., un marin devenu abstinent grâce au mouvement et demeuré sobre en correspondant avec des groupes qu'il avait aidés à démarrer à travers le monde.

M. Eddie du Salvador

Edward F., qui a transmis le message à plusieurs alcooliques de Boston et de San Francisco, s'installe à San Salvador avec sa femme salvadorienne. Il a du mal à susciter l'intérêt pour le mouvement, mais une amie de sa femme lui présente son oncle alcoolique, Don A., et les deux hommes forment un groupe qui se réunit chez Atilio, un riche alcoolique. Le nombre de membres augmente, et le groupe déménage à l'école de flamenco Garcia. « M. Eddie », comme on l'appelle, aidera à créer des groupes dans d'autres pays d'Amérique centrale.

Premières réunions à Madrid

Une certaine Mme Garcia de New York informe le BSG de New York que le Dr E. Pelaz, psychiatre à Madrid, souhaite lancer un groupe des AA. Le BSG envoie des brochures et le nom de son contact américain Ray C. Ray et un confrère alcoolique, Dan C., commencent leurs réunions en anglais en juin 1955. Six mois plus tard, le nombre de membres a quadruplé, et un groupe hispano-américain se réunit au sanatorium du Dr Pelaz. Bientôt, les Espagnols forment un groupe distinct, qui attire rapidement de nouveaux membres et encourage la formation de groupes AA dans tout le pays.

Un congrès international historique

En juillet 1955, quelque 5 000 personnes assistent au second Congrès international, à Saint-Louis. L'événement est reconnu par le président Dwight D. Eisenhower, qui envoie un télégramme de félicitations (à droite). Parmi les faits saillants de ce 20e anniversaire, on note la communication de Bill sur l'historique du Mouvement et l'importance de le comprendre. On lance la seconde édition du Big Book, et le mouvement Al-Anon, qui a quatre ans, participe à cinq ateliers.

La deuxième édition du Big Book, 1955

La deuxième édition d'Alcoholics Anonymous reflète la diversité croissante des membres. Les chapitres sur les principes AA restent inchangés et huit des histoires des premiers membres cherchant à se rétablir sont retenues dans la section intitulée « Les pionniers ». Deux sections, « Ils ont arrêté à temps » et « Ils ont presque tout perdu », regroupent 24 nouvelles histoires. On trouve aussi les Douze Traditions.

Bill W. passe le flambeau en juillet 1955

Le congrès de Saint-Louis connaît son point culminant quand Bill remet officiellement aux membres la direction du mouvement. Une clameur accueille sa résolution: « Qu'il soit donc résolu que la Conférence des Services généraux... devienne, à partir de ce jour... la gardienne des Traditions des Alcooliques anonymes, la continuatrice des services mondiaux de notre société, la voix de la conscience de groupe de notre association tout entière et le seul successeur de ses cofondateurs, le docteur Bob et Bill. »

Le Troisième Legs

Au congrès de Saint-Louis, Bill parle du Troisième Legs de l'association, soit le Service. Selon lui, « un service AA est tout ce qui nous aide à rejoindre un semblable qui souffre… de la Douzième Étape elle-même à l'appel téléphonique à dix cents pour un café jusqu'au Bureau des Services généraux pour l'action nationale et internationale ». Cinquante mille brochures du Troisième Legs (à droite), aujourd'hui, "Le Manuel du Service chez les AA", seront imprimées et distribuées aux groupes AA.

1956

Au tour du Venezuela

Quelques Américains qui tiennent des réunions AA à Caracas publient une petite annonce dans un journal anglophone local. Elle attire l'attention d'un certain Christiaan V., qui a déjà tenté de lancer un groupe hispanophone. Avec l'aide des Américains, Christiaan porte le message à Luis et à Clyde, et les trois hommes deviennent le premier maillon d'une chaîne de groupes qui couvrira tout le Venezuela.

Le premier conseil des Services généraux d'outre-mer

La croissance rapide des AA en Grande-Bretagne et en Irlande rend nécessaire un conseil des Services généraux distinct. Prenant conseil auprès du BSG de New York, des représentants de l'Angleterre, du pays de Galles, de l'Écosse et de l'Irlande décident à Londres, le 28 octobre 1956, de créer un conseil d'administration sur le modèle américain, le General Service Board of Alcoholics Anonymous in Great Britain & Ireland, Ltd. Le premier conseil des Services généraux hors des États-Unis, commencera ses activités en 1957 au Fruit Exchange (à droite) de Londres.

1957

Des groupes dans les hôpitaux Nord-américains

Début 1957, le Bureau des Services généraux de New York est en contact avec plus de 230 groupes dans des hôpitaux des États-Unis et du Canada. C'est un héritage des premiers groupes AA formés deux décennies auparavant à l'hôpital Saint-Thomas d'Akron et dans les hôpitaux Towns et Knickerbocker de New York.

En Inde, plus jamais isolés

En janvier 1957, Charley M., membre AA à l'emploi de l'Office national du film du Canada, contacte Sylvia M. et Supatti M., deux Isolés de New Delhi répertoriés au BSG de New York. (Charley avait exprimé son désir de demeurer actif pendant son séjour d'affaires de 36 mois en Asie.) Les trois publient une annonce dans des journaux locaux et obtiennent sept réponses d'alcooliques. Parmi eux, Mahindar S.G. est aussi un membre déjà répertorié au BSG. En mai, les réunions de New Delhi attirent huit à 12 personnes; à la fin de l'année, des groupes sont actifs à Calcutta et à Bombay. À droite une carte de Noël du groupe de Bombay à Bill et Lois, en décembre 1961.

Des lettres de Grèce

Un pilote américain membre AA rapporte au BSG de New York qu'il a offert un exemplaire du livre Les Douze Étapes et les Douze Traditions au révérend Charles Hanna, pasteur de l'Église américaine d'Athènes. Le révérend Hanna commence à correspondre avec le BSG au début de 1957. Grâce à lui, trois Isolés américains d'Athènes, Frank O. et les militaires Gus et Cal, tiennent la première réunion AA de Grèce dans le port du Pirée, à Athènes.

Un livre qui fait date

Dans le livre Alcoholics Anonymous Comes of Age, publié le 1er octobre 1957, Bill raconte l'histoire du mouvement selon sa propre perspective, et passe en revue le déroulement du congrès de Saint-Louis. Une section décrit les Trois Legs, et l'on trouve aussi des exposés d'amis du mouvement, religieux et médecins.

La naissance d'Alateen

On se préoccupe de plus en plus des problèmes des enfants d'alcooliques, sujet d'une séance spéciale au congrès de Saint-Louis. L'intérêt augmente alors que des lettres d'adolescents (dont certains ont créé des groupes) commencent à arriver au bureau d'Al-Anon. Il en résulte, en 1957, la fondation d'Alateen par Al-Anon et la publication de Youth and the Alcoholic Parent (à droite).

1958

Première Conférence internationale des jeunes chez les AA

Fin avril 1958, la première conférence destinée aux membres AA plus jeunes (alors compris comme ayant moins de 40 ans) a lieu à Niagara Falls, dans l'État de New York. Le 'A.A. Exchange Bulletin' (l'ancêtre du Box 4-5-9) rapporte que l'objectif de l'International Conference of Young People in AA (ICYPAA) est de « fournir aux délégués un résumé détaillé de la façon dont notre programme AA s'applique aux difficultés personnelles qu'éprouvent les jeunes non seulement face à l'alcoolisme, mais aussi face à d'autres problèmes propres à leur génération ». L'ICYPAA se réunit annuellement.

On s'inscrit à Singapour

Dick D., qui correspond régulièrement avec le BSG de New York, écrit en mars 1958 que le groupe de Singapour, lancé en 1957, compte maintenant 12 membres et deux candidats prometteurs.

L'alcoolisme adapté au cinéma et à la télévision

Sur demande, le mouvement AA joue un rôle conseil dans l'adaptation pour la télévision ou le cinéma de dramatiques sur l'alcoolisme. Dans un cas en particulier, le personnel du BSG de New York travaillent en étroite collaboration avec le scénariste J.P. Miller à la préparation, en 1958, de l'émission "Days of Wine and Roses", une production "Playhouse 90". Racontant la vie d'un couple d'alcooliques qui demandent l'aide du mouvement, l'émission rejoindra un auditoire international quand elle sortira en film en 1962.

L'état de la structure

Grapevine publie, dans son numéro de janvier 1958, un diagramme des services AA et de la structure de la Conférence. La case du haut souligne que « plus de 7 000 groupes, dont 500 dans les hôpitaux, les prisons et autres institutions, et 760 à l'étranger, sont inscrits au siège des Services généraux ».

Un groupe en prison aux antipodes

Les groupes se répandent dans les prisons des États-Unis depuis 1942 et ont commencé au Canada, en Irlande et en Finlande. En 1958, le premier groupe connu « derrière les murs » est créé en Australie, le groupe Magpie de la prison de Fremantle (à droite), en Australie-Occidentale.

1959

L'ouest et l'est de l'Autriche

En 1959, deux membres de Reichenall, en Allemagne, portent le message au-delà de la frontière autrichienne, à Salzbourg. Avec leur premier contact, un médecin d'un centre local des maladies nerveuses, ils aident quelques alcooliques à former un groupe. À l'est, à Vienne, deux femmes alcooliques traitées par un psychiatre, le Dr Rotter, entendent parler des AA et fondent leur propre groupe. Avec un homme de Linz, elles tiennent des réunions dans des maisons privées. Chacun de leur côté, les deux groupes prennent conseil auprès de groupes allemands et reçoivent des publications AA en langue allemande. Ci-contre, un lieu de réunion actuel à Vienne.

En Colombie, un effort de sept ans

Après des années d'efforts infructueux, un groupe AA stable voit finalement le jour en Colombie en janvier 1959. Les principaux acteurs, Arturo E., de Medellin, et Alejandro S., de Baranquilla, se sont rencontrés en 1952 alors qu'ils étaient soignés pour alcoolisme dans un centre de Baranquilla. Les deux hommes tentent par deux fois de lancer un groupe (Alejandro, homme d'affaires prospère a connu les principes AA dans un hôpital de Miami), mais seul Arturo demeure sobre et poursuit. Son premier groupe, qui se réunit à Medellin, sème la graine pour ceux qui suivront, à Bogotá et dans d'autres villes colombiennes.

1960

Les premiers groupes francophones de France

Des membres AA américains se réunissent déjà depuis 1949 à Paris, mais le premier groupe francophone connu se forme après la publication dans le journal "France Soir", à l'été 1960, d'une série d'articles sur les Alcooliques anonymes par le journaliste Joseph Kessel. Après avoir écrit au journal, Manuel M. (originaire d'Espagne) reçoit des publications des AA et lance un groupe de quatre : Manuel, François B., Jean M. et Lennard (un Suédois). En 1961, le Groupe Quai d'Orsay sera parrainé par des américains qui ont fondé un groupe des AA à Paris en 1955. D'autres groupes se forment et, au début des années 1970, le Bureau des Services généraux de France ouvrira ses portes rue Trousseau.

Le Guatemala démarre

Le premier groupe connu des AA du Guatemala a commencé à se réunir en janvier 1960, grâce aux efforts de Miguel Angel R. et de Paulino G. La graine avait été semée quatre ans auparavant par Reinaldo G., un ami de Miguel qui s'était joint aux AA à San Francisco avant de rentrer chez lui au Guatemala. Un intergroupe sera ouvert trois ans plus tard.

Le troisième Congrès international

Long Beach, en Californie, accueille les célébrations du 25e anniversaire, en juillet 1960. Aux 8 900 participants se joignent plusieurs pionniers du mouvement, dont Bill et Lois, soeur Ignatia, Marty M., Dr Jack Norris, Clinton Duffy et Dr Harry Tiebout, psychiatre qui a défendu le Mouvement et qui a amené Marty M. aux AA.

Des débuts laborieux au Costa Rica

Bien que le Comité sur l'alcoolisme du gouvernement costaricien, créé en 1954, ait connu quelques succès auprès des alcooliques, le seul lien avec les AA est une lecture superficielle des Douze Étapes lors de réunions. Après des débuts chancelants en 1958, le Grupo Tradicionalista No 1, lancé par quelques patients du Comité, se stabilise en 1959. À l'été 1963, huit groupes tiendront des réunions dans tout le pays, et un bureau des Services généraux sera ouvert à San José.

1961

Bill écrit à Carl Jung

Bill écrit au Dr Carl Jung, le psychanalyste suisse-allemand, et exprime sa reconnaissance pour le message transmis autrefois par Jung à son patient Rowland G., qui allait emmener Ebby T. au Groupe d'Oxford: « Vous avez indiqué franchement à [Rowland] que tout autre traitement médical ou psychiatrique était inutile. [Vous lui avez aussi mentionné la possibilité] d'un réveil spirituel ou d'une expérience religieuse, bref une authentique conversion. » Selon Bill, ces déclarations sont « hors de tout doute la première pierre de l'édification [du mouvement AA] ». Jung répond par une lettre courtoise (ci-contre) et confirme que l'antidote le plus approprié à l'alcoolisme est la spiritualité, ce qui ressort des Douze Étapes.

Plus d'un demi-million de Big Books

En 1961, plus de 500 000 exemplaires d'Alcoholics Anonymous ont été vendus, sans compter les éditions espagnole, française et allemande.

1962

Publication de

En 1962, la Conférence des Services généraux accepte le manuscrit longtemps attendu de "Twelve Concepts for World Service". En introduction, Bill écrit qu'il s'agit de « consigner le pourquoi de notre structure de service de manière à ce que ne soient jamais oubliées ni perdues l'expérience très précieuse du passé et les leçons que nous avons tirées de cette expérience ».

D'île en île dans les Caraïbes

Les groupes AA des Caraïbes, dont ceux des Bahamas et de Trinité-et-Tobago, reçoivent en 1962 l'appui du dévoué Gordon MacD., qui visite les Antilles et rencontre les secrétaires des groupes de la région. Cette « croisade des Caraïbes », lancée par Gordon et d'autres membres en 1959, vise à développer et à renforcer les AA dans les Caraïbes et à faciliter la coopération entre eux et les groupes latino-américains. Parmi les îles à se joindre au mouvement en 1962 se trouvent la Barbade et la Grenade, dans les Petites Antilles.

Le Dr Norris est élu président

Le Dr John L. Norris, directeur médical d'Eastman Kodak et membre non alcoolique du conseil des Alcooliques anonymes depuis 1948, devient président du Conseil des Services généraux. Le « Dr Jack », décrit par Bill comme « un travailleur très altruiste et dévoué », jouera un rôle-clé dans la création des forums territoriaux. Son engagement se poursuivra après son retrait du Conseil en 1975, comme en fait foi son rôle de coprésident du congrès international de Montréal en 1985.

Dans les îles anglaises

L'île de Guernesey monte à bord en 1961 lorsque Pru, membre isolé, organise la tenue de réunions dans le bureau du directeur de l'école catholique de Saint-Joseph, dans le port de Saint-Pierre. Puis le groupe déménage dans un local au-dessus d'un café, et le nombre de membres passe de six à une douzaine. Mais la vraie croissance viendra quand le groupe s'installera à demeure à l'hôpital Princess Elizabeth en 1981. Un groupe débute dans l'île voisine de Jersey en 1962, et de petits congrès conjoints auront lieu pendant quatre ou cinq ans, à Guernesey l'automne et à Jersey au printemps. Le premier groupe de l'île de Man sera créé en 1966.

1963

Deux départs en République dominicaine

Deux groupes AA commencent à se réunir de façon régulière à Saint-Domingue au printemps 1963. Le groupe hispanophone Santa Mercedes passe de deux à 18 membres avant la fin de l'année. Le contact auprès du BSG de New York est Abe F., qui est aussi l'un des deux hommes de l'autre groupe, pour les anglophones. Ce dernier, cependant, ne durera que deux ans.

Des anniversaires dans le nord de l'Europe

La Belgique, qui compte en 1963 18 groupes AA dans huit villes, émet une carte d'invitation (ci-contre) à célébrer son 10e anniversaire. L'Allemagne, avec ses 26 groupes dans 14 villes, souligne aussi son 10e anniversaire.

1964

Des débuts au Sri Lanka

Un membre isolé de l'ancien Ceylan est répertorié au BSG depuis 1959, mais ce n'est qu'en 1964 qu'est créé le premier groupe connu des AA du pays à Colombo, la capitale. C'est aussi là que se forme un second groupe un an plus tard. Le mouvement s'implante rapidement ailleurs au Sri Lanka. En 1976, un groupe de Kotahena, en banlieue de Colombo, soulignera son troisième anniversaire par la publication d'une plaquette (à droite).

1965

Se joignent au mouvement…

Les Alcooliques anonymes entament leur quatrième décennie sur une base solide, recueillant partout le respect. Au cours des 20 prochaines années, la coopération et le parrainage entre pays où le mouvement est actif continueront de croître, les congrès internationaux de l'association se développeront, tant par la taille que par l'esprit, et le langage du cœur se parlera dans au moins 40 langues différentes.

Plus de dix mille personnes à Toronto

En juillet 1965, plus de 10 000 membres du monde entier se réunissent à Toronto pour le Congrès international du 30e anniversaire. Au programme, quelque 250 membres des AA, Al-Anon et Alateen ainsi que 24 non-alcooliques, sommités mondiales en matière d'alcoolisme, donnent des conférences devant 69 salles combles. À la fin du congrès, à l'invitation de Bill et de Lois, les participants se prennent la main et récitent la nouvelle Déclaration de responsabilité. À droite, le programme et l'album souvenir.

Les débuts en Bolivie

Même si un groupe de La Paz, en Bolivie, est déjà répertorié au BSG en 1965, on connaît mal ses origines. Par contre, on connaît mieux les deux hommes qui sont considérés comme les pionniers du mouvement en Bolivie. Oscar G. et Jorge L. se rencontrent en 1971 à Santa Cruz. Trois ans plus tard, Oscar devient un Isolé, alors que Jorge part travailler à La Paz, où il forme avec une femme, Dorita, un tout nouveau groupe, plantant ainsi la semence de futurs départs à Cochabamba et, ensuite, à nouveau à Santa Cruz. En 1987, Cochabamba accueillera la première réunion nationale de membres de toute la Bolivie.

1966

Trois départs en Équateur

Des médecins de la ville de Cueca, en Équateur, qui ont observé des groupes AA dans la Colombie voisine, jouent un rôle clé dans le démarrage d'un groupe local : le Grupo Alianza Amiga, répertorié au BSG de New York en mars 1966. Le deuxième groupe connu prend forme alors qu'Eduardo A., devenu abstinent à Washington grâce aux AA, rentre chez lui à Guayaquil et s'entend avec un prêtre de l'endroit pour la tenue de réunions dans son église. À l'automne 1971, le groupe de Guayaquil aide Paulina M., devenue sobre à Coral Gables, en Floride, et Javier J., homme d'affaires de Lima, au Pérou, à lancer le premier groupe connu dans la capitale, Quito.

La nouvelle composition du Conseil

Dans un geste qui montre que le mouvement accepte la pleine responsabilité de la conduite de ses affaires, la Conférence des Services généraux de 1966 recommande et adopte une nouvelle composition pour le Conseil des Services généraux. Par l'ajout graduel d'administrateurs universels pour les États-Unis et le Canada, le conseil est maintenant composé de 14 alcooliques et sept non-alcooliques.

Un bulletin change de nom

Pour sa livraison des Fêtes 1966, l'A.A. Exchange Bulletin (qui porte en sous-titre : Nouvelles et avis du Bureau des Services généraux des AA) devient le Box 4-5-9, d'après la boîte postale du BSG à Grand Central Station, New York. En 1967, le Box deviendra trilingue, avec le lancement d'éditions française et espagnole.

Isolés et groupes au Vietnam

C'est la guerre au Vietnam. En 1966, 10 soldats américains sont répertoriés comme Isolés, au BSG. En 1967, on compte 11 groupes de soldats au Vietnam. En 1971, des groupes de Saigon, Long Binh, Cam Ranh Bay et autres échangent dans le SEA SIDE (SEA : South East Asia), un bulletin lancé par le sergent Andie A. Dans une lettre du front au BSG de New York, le soldat Frank écrit : « Pendant des années, j'ai demandé l'abstinence. Maintenant, je dis la Prière de la sérénité. Dieu vous bénisse. »

1967

Une récompense internationale des franciscains

En avril 1967, les AA reçoivent le Prix international des pères et frères franciscains conventuels. Le Dr John L. Norris, président du Conseil des Services généraux, accepte la plaque et la mention, où on peut lire: « La compréhension bienveillante et l'application patiente de la charité envers ceux qui sont affligés de la maladie de l'alcoolisme a permis le rétablissement de milliers d'alcooliques, autrefois considérés comme des cas désespérés. »

Les écrits de Bill imprimés et reliés

The AA Way of Life, un recueil d'écrits de Bill, paraît en 1967 sous forme de réflexions quotidiennes de réconfort et d'inspiration. En 1971, le titre deviendra As Bill Sees It (Les Réflexions de Bill).

Rencontre sur les ondes

En 1967, Ben L., un International à bord du S.S. Hudson, écrit au Box 4-5-9 au sujet du premier groupe de radioamateurs. « Nous avons environ 10 membres réguliers, dit-il, et c'est comme n'importe quel autre groupe. » Tous les 24 heures, le groupe réunit des membres de partout dans le monde. « Certains soirs, nous ne sommes que quelques-uns, d'autres soirs, tout le monde est là. Des nouveaux se pointent parfois, et c'est excitant d'entendre un nouveau signal. »

En Suisse, le message en trois langues

En 1967 est créé le premier Bureau des Services généraux de Suisse, alors que le Gremium (« comité » en allemand) dessert les AA germanophones. Toutefois, le premier groupe connu du pays était francophone. Il a vu le jour en 1956 lorsqu'un alcoolique de Genève a appris l'existence des AA lors d'une conférence. Il s'est procuré des publications des AA et a organisé une réunion avec des amis. En 1963 est né le premier groupe germanophone connu en Suisse, à Lucerne. Le premier groupe italophone connu sera fondé en 1974 dans le Tessin. En 1979, un autre BSG desservant la Suisse romande et italienne ouvrira ses portes à Genève.

1968

Premier sondage triennal aux États-Unis et au Canada

Au 28e Congrès international sur l'alcool et l'alcoolisme, tenu à Washington à la fin de l'été 1968, le président du Conseil, le Dr John L. Norris, rend compte des résultats du premier sondage auprès des membres de tous les États et provinces. Soixante pour cent des 11 355 hommes et femmes qui ont répondu dans 466 réunions en 1968 disent ne pas avoir pris un verre depuis un an ou plus. Selon le sondage, qu'on répétera tous les trois ans, 41 pour cent des membres disent ne pas avoir bu d'alcool depuis leur première réunion AA.

1969

La première Réunion mondiale du service

Pour la première fois, du 8 au 11 octobre 1969, des représentants de pays où les AA ont un BSG ou un centre de publications se réunissent à New York pour échanger sur les structures, les services aux groupes, les publications et les finances. Y assistent Bill W., le président John L. Norris, le directeur du BSG de New York, Bob H., et des délégués d'Afrique du Sud, d'Allemagne, d'Australie, de Belgique, du Canada, des États-Unis, de Finlande, de France, de Hollande, du Mexique, de Norvège, de Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni.

Première réunion ouverte de Hongrie

Midge M., du BSG de New York, assiste à Budapest, en juin 1969, à une conférence de l'Institut international sur la prévention et le traitement de l'alcoolisme. Elle organise aussi la première réunion ouverte des AA en Hongrie. Peter B. (Pays-Bas), Inge L. (Allemagne de l'Ouest), Richard P. (Irlande) et Cecily C. (États-Unis) parlent à un groupe d'alcooliques hongrois. Archer Tongue, directeur de l'Institut, traduit. Un petit groupe sera formé à Budapest en 1972, mais il faudra attendre la fin des années 1980 pour que les AA soient fermement implantés en Hongrie.

Croissance des groupes hispanophones

En 1969, 1 500 groupes hispanophones sont répertoriés au BSG de New York.

1970

Des groupes dans les hôpitaux et prisons du monde

À la Réunion de service mondiale de 1970, le BSG rapporte 54 031 « membres en institution » dans le monde : 20 160 membres dans les hôpitaux (742 groupes) et 33 871 membres dans les prisons (895 groupes).

L'unité à Miami

Miami accueille le cinquième Congrès international en juillet 1970, dont le point saillant est la Déclaration d'unité: « Pour l'avenir des AA, nous devons privilégier notre bien-être commun et préserver l'unité de l'association, car de cette unité dépendent nos vies et celles des membres à venir. » Le congrès reçoit 11 000 participants de 50 États et 27 pays. Selon le Box 4-5-9, c'est « la plus grande assemblée d'alcooliques que le monde ait vue… et tous sobres ! » Ce sera la dernière apparition publique de Bill W. à un rassemblement des AA.

Nouvelle demeure pour le BSG à New York

En avril 1970, le BSG loue pour 11 ans de nouveaux quartiers au 468 Park Avenue South, à New York, où il occupe tout le sixième étage. Par le fait même, le bureau s'agrandit, tout en économisant.

1971

Des Isolés se réunissent en Malaisie

En février 1971, Enos C., un Isolé qui travaille à Kuala Lumpur, met une annonce dans The Malay Mail, à la recherche d'autres Isolés désirant tenir des réunions. Six semaines plus tard, Enos rapporte au BSG de New York qu'avec l'addition de deux membres canadiens à Kuala Lumpur, le jeune groupe Pertama en compte déjà cinq. À la fin de la décennie, quatre autres groupes auront vu le jour à Sarawak et dans d'autres villes malaisiennes.

La mort de Bill W.

Le 24 janvier 1971, à l'âge de 75 ans, Bill s'éteint au Miami Heart Institute, à Miami Beach, en Floride. Le 14 février, les groupes du monde entier tiendront des réunions commémoratives pour honorer l'œuvre du cofondateur des Alcooliques anonymes, auteur du Gros Livre, entre autres, et grand architecte et artisan des principes du mouvement.

1972

L'Italie à bord

On croit que les AA en Italie ont débuté en 1972. Un petit groupe d'Américains se réunissant à Rome accueille alors Giovanni et Ermanno. Ceux-ci, aidés de quelques-uns des Américains, se joignent bientôt à Carol C. pour former le premier groupe connu de langue italienne. Deux ans plus tard, un groupe est fondé à Florence, et Milan suit en 1976. En 1978, des représentants de divers groupes se rencontrent pour entreprendre des démarches et demander au BSG de New York de parrainer la publication de "Il Grande Libro" (le Gros Livre), que l'on traduit déjà en Italien. La démarche réussit et "Alcolisti Anonimi" (à droite) paraît en 1980.

1973

Un million de Big Book

Le millionnième exemplaire de "Alcoholics Anonymous", le Gros Livre des AA, a été remis au Président Richard Nixon lors d'une cérémonie à la Maison Blanche.

Premières réunions connues à Bangkok

À Bangkok, en 1971, deux Américains d'origine irlandaise - Jim L., homme d'affaires sobre depuis trois ans, et Evelyn K., mariée à un ingénieur civil sous contrat à Bangkok - font équipe pour fonder un groupe. L'année suivante, un prêtre rédemptoriste se joint à eux. En 1973, le groupe quitte l'appartement d'Evelyn et s'installe au presbytère du saint Sauveur, où il accueille Joanne, mariée à un fonctionnaire de l'ambassade américaine, et George, un soldat américain né en Allemagne. La stabilisation du groupe de Bangkok encourage la naissance de groupes AA à Ubon et ailleurs en Thaïlande.

Lois fait le tour du monde

Après la mort de Bill, Lois W. entreprend un voyage de neuf semaines autour du monde, rappelant celui de 1950 en Europe. Elle est accompagnée par Evelyn C., une bénévole de la première heure au Bureau central d'Al-Anon, puis cadre au Bureau des Services mondiaux d'Al-Anon. Elles rencontrent des membres AA et Al-Anon en Afrique du Sud et Nouvelle-Zélande, à Hong Kong, Tokyo et Honolulu. (Ci-contre, la Prière de la sérénité en japonais, un cadeau offert plus tard à Lois.) Dans Lois se souvient, elle dira: « Voir et ressentir le dévouement affectueux et l'unité des membres AA et Al-Anon du monde entier, cela a beaucoup contribué à submerger dans une mer de gratitude mon sentiment de perte personnelle. »

« Nous en sommes venus à croire »

En 1973, les AA publient Came to Believe, une plaquette de 120 pages qui réunit des récits de membres racontant dans leurs mots l'importance qu'a pour eux l'expression « réveil spirituel ». L'un d'eux écrit: « J'ai commencé à voir émerger un autre aspect de moi, reconnaissant, sans attente, mais sûr qu'une autre puissance commençait à me guider, me conseiller, me diriger. »

Intergroupes au pays de Galles

Le premier groupe connu du pays de Galles a été fondé en 1963. Jusque-là, la plupart des alcooliques qui voulaient assister à des réunions AA devaient se rendre en Angleterre. Dix ans plus tard est fondé le Welsh Border Intergroup reliant des groupes des deux côtés de la frontière (ci-contre, les villes où il y des groupes). Dans le sud du pays de Galles, un autre intergroupe, le Cymraig Intergroup, réunit des groupes de Cardiff, Swansea, Llanelli et Newport.

1974

Débuts en Pologne

Des alcooliques voient des médecins et thérapeutes depuis le milieu des années 1960 à Pozna. En 1974, ils décident de se réunir seuls et de suivre les principes AA. (Des réunions antérieures avaient été organisées par la thérapeute Maria Grabowska, qui a tenté de publier les Douze Étapes et les Douze Traditions dans les journaux, mais s'est butée à la censure.) Mené par Rajmund F., un Polonais sobre depuis 1973 qui parlait suffisamment bien l'anglais et l'allemand pour traduire des écrits AA, le groupe prend le nom d'Eleusis, d'après l'ancienne ville grecque considérée comme un sanctuaire par les empereurs romains. La croissance s'accélère et on comptera, en juin 1985, près de 100 groupes dans tout le pays. Ci-dessus, une assiette décorative remise au BSG de New York par des membres polonais reconnaissants.

Un vote en Uruguay

Pablo L., acteur, entre en désintoxication à la Clinica del Prado, à Montevideo, en 1966. Il reçoit un exemplaire du Gros Livre et se met en quête d'un groupe AA. Le plus près se trouve à Buenos Aires, où il fait un long séjour pour fréquenter les AA. De retour chez lui, Pablo porte le message dans les hôpitaux, puis fonde ADEA (Amigos del Enfermo Alcoholico - les amis du patient alcoolique), où les alcooliques et leurs proches livrent leurs expériences. Certains aspects du programme AA sont retenus, mais d'autres, tel l'anonymat, sont rejetés. Quand les AA d'Argentine pressent ADEA de suivre toutes les Traditions AA et d'adopter le nom des Alcooliques anonymes, la question est soumise au vote et les oui l'emportent. La première réunion connue des AA d'Uruguay a lieu le 18 mars 1974 à Montevideo.

1975

Des délégués déferlent sur Denver

« Que cela commence par moi », tel est le thème du congrès international du 40e anniversaire des AA à Denver, au Colorado en 1975. Quelque 19 500 personnes se déversent dans la ville, et le comité hôte enregistre 400 arrivées à l'heure. À l'ouverture officielle, une réplique géante du Gros Livre domine l'estrade. Avec ses 8,5 mètres de haut, elle donne tout son sens au mot « gros ».

1975

Publication de Living Sober

En 1975, les A.A. publient Living Sober, un livre où les membres décrivent des moyens de vivre sans alcool. Le contenu du livre est une compilation de correspondance et de partages d'expérience de groupes et d'individus du début des années 1970. Ce livre a été un ajout très populaire aux publications des A.A.

Nouveau départ au Portugal

Il y a eu des réunions en anglais au Portugal dès 1956, à Lisbonne, et 1959, à la base de Lajes, dans les Açores. Mais les AA prennent racine dans le pays en 1975 quand Ed A., un Américain qui s'est rétabli aux États-Unis, commence à répandre le message dans les hôpitaux. Cela entraîne la création de groupes lusophones à Lisbonne et Oporto et en Algarve. L'envoi de publications AA en portugais par les AA du Brésil favorise la croissance et la stabilité des groupes.

Ouverture des Archives au Bureau des Services généraux

En novembre 1975, Lois W. et Tom S. (ancien administrateur qui préside le comité des archives), de Jacksonville, en Floride, inaugurent les Archives AA au BSG de New York. Dans un bref discours, John L. Norris indique que le mouvement doit continuellement se renouveler en retournant aux sources. Il rappelle que Bill disait souvent que le Conseil et le BSG « devraient consigner par écrit tout ce qu'ils font ». L'archiviste est une non-alcoolique, Nell Wing (ci-contre), qui fut longtemps la secrétaire de Bill et qui est « à elle seule une encyclopédie vivante de connaissances sur les AA ».

Les AA à Jérusalem

Aidé de membres AA canadiens qui font partie des troupes de l'ONU au Moyen-Orient, le groupe Shalom voit le jour à Jérusalem en 1975. L'année suivante, Jay S. rapporte au BSG de New York que des réunions AA se tiennent deux fois par semaine à Tel-Aviv et à Jérusalem, en anglais et en hébreu. Le groupe Shalom accueillera aussi un congrès de deux jours pour célébrer le premier anniversaire des AA en Israël. En haut, à droite, des brochures en arabe et en hébreu.

1976

Progrès rapides en Islande

Le groupe Reykjavik est actif en Islande depuis 1954, mais une percée majeure survient au début des années 1970 quand un programme du gouvernement envoie régulièrement des alcooliques se faire aider aux États-Unis. Ils reviennent presque tous impatients de transmettre le message, ce qui amène la publication, en 1976, du Gros Livre en islandais. Il s'ensuit une croissance fulgurante du nombre de membres et un changement de l'opinion publique à l'égard de l'alcoolisme et des centres de traitement.

La JUNAAB au Brésil

Bien qu'on rapporte qu'il se tenait des réunions AA au Brésil dès 1947, le premier Bureau des Services généraux du pays, la Junta Nacional de Alcoólicos Anônimos (JUNAAB), est créée en février 1976.

Troisième édition du Big Book, en 1976

Treize nouveaux récits paraissent dans la troisième édition d'Alcoholics Anonymous. À l'été 1976, plus de 1 450 000 exemplaires des deux premières éditions du Big Book avaient déjà été distribués dans le monde. Une édition en braille et sur bandes audio avaient aussi été publiées.

Un million de membres

À l'ouverture de la 26e Conférence des Services généraux, à New York, en avril 1976, on fait état de nouvelles données concernant le rayonnement international du Mouvement. Il y aurait 28 000 groupes dans 92 pays et le nombre de membres dépasserait 1 000 000.

1977

Le mouvement rajeunit

Un sondage AA de 1977 montre que la part de jeunes membres (moins de 30 ans) aux États-Unis et au Canada, en trois ans, a augmenté de 50 pour cent et représente près de 20 pour cent des membres en Amérique du Nord. Les chiffres sont semblables en Allemagne de l'Ouest, en Argentine, en Colombie, au Salvador, en Finlande, en France, au Mexique, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni.

Premières réunions au Cambodge

Après la prise de la capitale Phnom Penh par les Khmers rouges, en 1975, des milliers de Cambodgiens s'entassent dans des camps de réfugiés à la frontière thaïlandaise. Dans l'un d'eux, une travailleuse humanitaire américaine dont le frère est membre AA à New York voit l'alcoolisme affecter beaucoup de réfugiés, ce qui l'incite à faire venir et à traduire des publications des AA. Jusqu'à 60 personnes se réunissent chaque jour selon les principes des AA, mais ces réunions cessent à la fermeture du camp. Quelque 15 ans plus tard, le mouvement réapparaît quand quelques membres créent un groupe à Phnom Penh. AA Australie parraine et aide à la création de groupes en langue khmère.

1978

A.A. Grapevine : une date marquante

Avec le numéro de mars 1978, le tirage de la « réunion par écrit » de l'association atteint 100 000. En juin 1944, la première édition du périodique avait été tirée à 1 200 exemplaires et distribuée à 165 abonnés et autres membres des AA.

Première réunion de zone

Née d'une idée proposée à la Réunion mondiale du service de 1978, la première réunion de service de zone, où des pays échangent leurs expériences, renforcent l'unité et offrent leur aide aux AA là où la structure de service reste à faire, se tient à Bogota, en Colombie, en 1979. Les délégués de 10 pays latino-américains se rencontrent pour ce qu'on appelle la Réunion de service ibéro-américaine, une rencontre bisannuelle qui deviendra la REDELA, la Reunión de Las Américas. Des réunions de zone seront créées en Europe en 1981, en Asie-Océanie en 1995 et en Afrique subsaharienne en 2003.

1979

Le premier film d'information des AA

À l'automne 1979, le premier film d'information publique produit par le mouvement, "Alcoholics Anonymous: An Inside View", est distribué aux entités de services AA des États-Unis et du Canada. Les groupes sont invités à mettre à la disposition des stations de télévision ce panorama de 28 minutes sur la vie sans alcool des AA, qui présente un échantillon de membres au travail, à la maison et dans diverses rencontres AA.

Des groupes pour les sourds

Au printemps 1979, le BSG de New York rapporte sept groupes AA pour personnes sourdes. Est aussi répertorié un groupe international pour les sourds dont les membres échangent par courrier. Selon le Box 4-5-9, le recours à des interprètes non membres, en cas de besoin, « soulève la question de la confidentialité », mais la bonne volonté de tous dissipe habituellement les craintes.

1980

On fête à la Nouvelle-Orléans

À la Nouvelle-Orléans, des accents de jazz accueillent les 25 000 personnes qui se présentent au Superdome, le 3 juillet 1980, pour la première soirée du Congrès international du 45e anniversaire. Le défilé des nations, où des membres AA du monde entier portent leur drapeau national, prélude à deux jours d'ateliers, à un alkathon (réunion continue) de trois jours à l'hôtel Marriott et à l'apparition, à la réunion spirituelle du dimanche matin, de Lois W. et de « Smitty », le fils du défunt Dr Bob.

Biographie du Dr Bob

La biographie du cofondateur des AA intitulée "Dr Bob and the Good Oldtimers" paraît à temps pour le Congrès international de la Nouvelle-Orléans. Ces 382 pages entremèlent la vie du Dr Bob et les souvenirs des débuts exhaltants et tumultueux des AA à Akron et dans le MidWest.

1983

Événements déterminants à Malte

À Malte, en 1983, les premières traductions d'ouvrages AA sont approuvées, et un membre maltais de naissance assiste pour la première fois à la Réunion de service européenne bisannuelle. Dix-sept ans auparavant, en 1966, un vétérinaire irlandais de la banlieue de La Valette avait rapporté au BSG de New York le Malta Group, d'abord anglophone, puis devenu groupe international. En 1981, les membres maltais du groupe fondent un groupe maltais à Floriana, en banlieue de La Valette. Une autre étape est franchie l'année suivante quand une Maltaise assiste aux réunions, aidant ainsi les AA de Malte à rejoindre les femmes aux prises avec un problème d'alcool. Deux autres jalons importants seront posés en 1986 avec l'ouverture du Comité des Services généraux et la fondation d'un groupe à Gozo, l'île sœur de Malte.

1984

La Direction des services aux hispanophones

C'est en 1984 qu'un membre du personnel à temps plein hispanophone est créé au BSG. Ce membre du personnel assigné aux hispanophones verra à toute la correspondance en espagnol, à la traduction des brochures et bulletins, aux nouveaux outils de service et autres tâches au besoin. Le dessin ci-contre représente Berny, un membre des AA du Costa Rica. On y lit : « Allô ! Je me nomme le Joyeux Tico [Costaricain] [et] je suis alcoolique. »

La biographie de Bill W.

En 1984, après cinq ans de préparation, AA World Services publie « Pass It On : The Story of Bill W. and How the AA Message Reached the World ». Les 25 chapitres de l'ouvrage racontent « l'histoire dramatique de la fondation des Alcooliques anonymes, leurs débuts difficiles et leur incroyable croissance ». L'une des photos du livre (à droite) montre un article de journal décrivant une réunion du Groupe Oxford à Akron.

1985

Se joignent au mouvement…

De manière fortuite, deux événements majeurs affectent le monde… et le mouvement, en cette fin de 20e siècle. Le début de l'ère de l'électronique facilite la communication entre les bureaux des AA et donc le parrainage entre pays, pendant que la transformation des gouvernements en Europe de l'Est permet aux membres des AA de se réunir ouvertement.

Les 50 ans du mouvement AA

Le Congrès international des 50 ans du mouvement, à Montréal, attire plus de 45 000 membres AA et Al-Anon, parents et amis, plus du double de l'assistance record de 1980 à La Nouvelle-Orléans. Des représentants de 54 pays donnent au rassemblement un air vraiment international, et les réunions tenues au Stade olympique sont traduites simultanément en français, en espagnol et en allemand. Parmi les invités d'honneur, Ruth Hock Crecelius (non alcoolique), à qui l'on remet le cinq millionième exemplaire du Gros Livre, dont elle a dactylographié le manuscrit original près d'un demi-siècle auparavant, quand elle était la secrétaire de Bill W. dans le petit bureau de Newark, au New Jersey.

Ouverture de la maison du Dr Bob à Akron

La maison d'Akron où le Dr Bob et sa femme ont vécu et élevé leurs enfants, 855 avenue Ardmore, est ouverte aux visiteurs en 1985. Une bonne partie du mobilier est d'origine (tel le réfrigérateur, acheté en 1934 et qui fonctionne toujours), et plusieurs livres appartenant à Dr Bob et à Anne garnissent les étagères.

1986

Premier édition de poche du Big Book

En novembre 1986, pour la première fois le Gros Livre "Alcoholics Anonymous" est publié en format de poche. L'édition à couverture souple permet aux membres des AA de transmettre plus facilement le message dans les établissements correctionnels où les livres à couverture rigide sont souvent prohibés.

La RMS retourne en Amérique latine

Les délégués de 25 pays ayant une structure ou un bureau de services AA tiennent au Guatemala la neuvième Réunion mondiale du service. Cette rencontre de 1986 est la quatrième à avoir lieu hors de New York et la deuxième en Amérique latine, les autres pays hôtes ayant été l'Angleterre, la Finlande et le Mexique.

Les réunions électroniques prolifèrent

L'association se développe rapidement autour du monde, et des membres AA utilisent leur ordinateur pour transmettre et recevoir le message de rétablissement. À compter du milieu des années 1980, la communication électronique devient une version moderne et étendue de la « thérapie du téléphone » des premiers membres. Des babillards électroniques primitifs créés sur des ordinateurs personnels sont reliés par des réseaux nationaux et internationaux qui permettent d'assister instantanément à des « réunions » avec des membres des AA du monde entier. Plusieurs réseaux internationaux sont répertoriés au BSG de New York.

1987

Première conférence du BSG de l'Inde

Les AA de l'Inde tiennent la première conférence de leur Bureau des services généraux à Bombay (aujourd'hui, Mumbai), en mai 1987. En 2000, plus de 20 conférences et rencontres de l'Information publique auront eu lieu en différents endroits de l'Inde, et le BSG du pays aura publié le Gros Livre en huit langues : anglais, hindi, marathe, tamoul, malayalam, kannara, panjabi et bengali. Dans la salle de réunion de Delhi, à droite, les Douze Traditions apparaissent sur deux bannières, l'une en anglais, l'autre en hindi.

1988

Les débuts en terre balte

Juin 1988 marque la fondation du premier groupe connu AA de Lituanie, qui se réunit dans l'appartement de Romas O., à Vilnius. Romas s'est engagé sur la voie de la sobriété grâce à une traduction lituanienne du Gros Livre à l'automne 1987. Fin 1988, Romas et des amis membres se rendent à Riga, en Lettonie, puis correspondent régulièrement avec le premier groupe de cette ville, fondé en novembre 1988 par Pëteris et Austris. Les AA débuteront en Estonie en 1989, à Tallinn.

Une anthologie de plus de 150 articles de Bill W. dans la revue A.A. Grapevine, The Language of the Heart révèle les tâtonnements qui ont engendré les principes spirituels de rétablissement, d'unité et de service et illustre la vision qu'avait Bill de l'avenir du mouvement. Pendant plus de trois décennies, Bill s'est servi de la revue pour communiquer avec les membres et les groupes.

1989

Un échange Russie-États-Unis porte fruit

De 1987 à 1989, des échanges ont lieu entre représentants de la Société de promotion antialcoolique de Russie et les Alcooliques anonymes, dans le cadre du dialogue américano-soviétique sur des problèmes communs parrainé par le National Council of World Affairs. En 1989, la Russie compte trois groupes AA, un à Moscou, deux à Leningrad. La croissance sera rapide et on comptera, en 2002, au moins 270 groupes dans plus de 100 villes.

Le Gros Livre a 50 ans

Le cinquantenaire de la publication du livre Alcoholics Anonymous est souligné à la Conférence des Services généraux en avril 1989. Le gâteau d'anniversaire, pour l'occasion (à droite), reproduit les couvertures de la première et de la troisième édition du livre, dont plus de huit millions d'exemplaires auront été vendus ou distribués, en 1989.

Une première en Turquie

La première Conférence nationale des AA de Turquie a lieu dans un hôtel de Kizil Eahaman, niché dans des montagnes couvertes de pins à 100 kilomètres de la capitale Ankara. Vingt-quatre délégués de groupes d'Ankara, Istanbul, Izmir et Adana échangent en turc et en anglais pendant les trois jours d'activités. Johanna S., du Groupe international d'Ankara, parle dans le A.A. Grapevine d'un « rassemblement d'alcooliques en rétablissement actifs, intenses et joyeux, qui se réunissaient, mangeaient, marchaient et se sentaient bien ensemble. Nous avons été touchés les uns par les autres. » Le dessin à droite accompagnait le compte rendu de la revue.

1990

Une réunion à Minsk

En novembre 1990, quelques douzaines de membres AA de Lettonie, de Lituanie et d'Ukraine rencontrent leurs homologues de Minsk, en Biélorussie, pour coordonner les services de leurs pays respectifs. En avril 1991, une seconde conférence se tiendra à Riga, en Lettonie, attirant 180 membres AA de ces quatre pays et de Russie.

Salle comble à Seattle

Dépassant de beaucoup les prévisions, quelque 48 000 personnes convergent vers Seattle en 1990 pour le neuvième Congrès international, dont le thème est « Cinquante-cinq ans, un jour à la fois ». Plus de 250 réunions avec seulement des places debout ont lieu au Seattle Center et ailleurs en ville. C'est alors le plus grand congrès jamais tenu dans cette ville.

1991

En Roumanie, réussite en deux étapes

En 1988, Fran P., un Américain qui enseigne l'anglais à l'université de Timisoara, tente de fonder un groupe AA avec l'aide de Rodica, une étudiante alcoolique, mais le recours à l'aide d'une Puissance supérieure mécontente le gouvernement. Ce n'est qu'en 1991, presque deux ans après la chute du gouvernement communiste, qu'un groupe AA prendra son essor à Timisoara. En 1993, Petrica et Damian, des alcooliques hospitalisés à Bucarest, créeront un groupe dans la capitale avec l'aide du Dr Doina Constantinescu et de Patricia et Lee, un couple AA des États-Unis. Le dépliant ci-dessous montre les efforts des AA de Roumanie pour rejoindre les alcooliques qui souffrent.

En Asie du Sud-Est

En 1991, cinq membres AA commencent à se réunir à Ubud, en Indonésie, annonçant les débuts de petits groupes à Kuta, Sanur et Seminyak. Des touristes de passage y assistent, mais, en 2003 quelque 40 Indonésiens se seront joints. Des groupes stables d'autochtones se réunissent aussi en Thaïlande, au Vietnam, à Singapour et en Malaisie.

Le Canada et la barrière des langues

Pour transmettre le message aux populations autochtones des Territoires du Nord-Ouest, qui parlent sept langues différentes, les membres AA de la région de Yellowknife tentent de réunir toutes les traductions connues en langues autochtones américaines des publications AA. Ils en confirment l'exactitude et montent des dossiers faciles d'accès pour les membres. Leurs efforts se poursuivent et ouvrent la voie à un administrateur territorial de l'Est du Canada et un ami membre se rendront visiter en mai 2004 des communautés éloignées du nord du Québec et remettront des publications des AA en inuktitut aux éducateurs, aux directeurs de prisons, aux avocats et aux maires.

Missives dans le golfe Persique

Après le déclenchement de l'intervention militaire dans le golfe Persique, en 1991, le membre du personnel responsable des Isolés et Internationaux, au BSG de New York, reçoit des nouvelles de dizaines de membres servant en Arabie Saoudite. Il envoie à chacun un exemplaire du nouveau livre Daily Reflections, un abonnement gratuit à la revue Grapevine et toute publication demandée. Le sergent John L. écrit: « Ma présence dans ce désert n'aura pas été vaine. J'ai finalement été forcé d'examiner sérieusement ma vie. Comme on dit dans le Gros Livre, je construis un pont vers la liberté. »

Le premier congrès amérindien en 1991

« Vivre nos traditions dans la sobriété », tel est le but des rencontres AA d'Amérindiens. C'est aussi le thème apparaissant sur l'emblème (ci-contre) du premier congrès annuel de membres AA amérindiens des États-Unis et du Canada. Parmi les 800 participants réunis à Las Vegas en octobre 1991, on compte des Amérindiens de quelque 100 nations et des représentants de programmes sur l'alcoolisme, de centres de réadaptation et de centres de traitement. Au cours des années suivantes, les États de Washington, du Dakota du Sud, de la Caroline du Nord tiendront leurs propres congrès. En 2004, Minneapolis accueillera le quatorzième congrès amérindien national et international.

Réunions européennes des services

À Francfort (droit), 32 délégués AA de 18 pays assistent en 1991 à la Réunion européenne des services. La conférence zonale se tient tous les deux ans dans cette ville allemande depuis 1981 et permet aux délégués de groupes européens de présenter des comptes rendus et d'échanger sur les problèmes de leurs pays respectifs et sur d'éventuelles solutions.

1992

Le Bureau des Services généraux déménage en 1992

Après 20 ans sur Park Avenue South, dans l'est de Manhattan, le BSG emménage au 475 Riverside Drive. Nous sommes en mars 1992. (Par un heureux hasard, l'édifice de 19 étages a été construit par la famille Rockefeller, qui a joué un rôle si important dans les débuts du mouvement.) Le BSG occupe tout le onzième étage, et les bureaux de Grapevine sont à l'étage au-dessus. Des centaines de membres AA du monde entier visitent chaque année les bureaux. Tous les visiteurs peuvent visiter les Archives sans rendez-vous.

1993

Un parrainage Mexique-Cuba

Exemple typique de parrainage entre pays, le Mexique aide à lancer, à La Havane, en février 1993, le premier groupe AA de Cuba, le Grupo Sueño (Groupe Rêve). L'année précédente, les Cubains Ciro V. et Juan A. avaient demandé en vain aux fonctionnaires l'autorisation de fournir de l'information sur les AA, « un mouvement, disaient-ils, sans nationalité, programme politique ou intérêts financiers ». Mais une fois informé par les AA du Mexique des particularités du programme de rétablissement, le gouvernement cubain se ravise et accueille les AA. À la fin de 2004, quelque 200 groupes seront devenus actifs à Cuba. L'arrivée des AA dans l'île est célébrée chaque année en janvier, comme l'indique l'affiche ci-contre.

1995

Le germe est semé en Chine

En 1995, le Dr Lawrence Luan, médecin chinois à la retraite et propriétaire d'une clinique à Santa Barbara, en Californie, demande à son administrateur, qui se trouve être un membre AA, de l'accompagner dans un voyage d'affaires médical dans sa ville natale de Daiwan. Pour obtenir son visa, l'administrateur doit, à la demande des autorités chinoises, parler du sida, mais le Dr Luan s'arrange plutôt pour qu'il parle à cinq médecins de l'hôpital psychiatrique de Daiwan sur son sujet favori : l'alcoolisme. Son discours est bien accueilli, tout comme les exemplaires du Gros Livre en chinois qu'il remet aux médecins. En 1998, il parlera de cette expérience au forum territorial du Pacifique, à Sacramento, à la table ronde internationale. Par la suite, un membre de l'intergroupe de San Francisco, met sur pied un groupe de « messagers » qui se rendra en Chine. À droite, « Alcooliques anonymes » en caractères chinois.

Cinquante ans au Canada

En juillet 1995, plus de 6 000 membres AA et amis du Canada, des États-Unis, d'Amérique du Sud, d'Europe et d'Asie se réunissent à Toronto pour célébrer les cinquante ans des Alcooliques anonymes au Canada. Au programme, 34 réunions avec conférenciers, 26 tables rondes, 40 réunions-marathons et deux débats-marathons.

Soixante ans

Le thème du Congrès international du 60e anniversaire, « Les AA partout, n'importe où », est bien choisi, puisque près de 56 000 personnes des États-Unis, du Canada et de 85 autres pays envahissent San Diego, en Californie, en 1995. Parmi les faits saillants, une danse d'ouverture sur les quais, avec feux d'artifice sur la baie, une réunion inaugurale dans un stade Jack Murphy bondé, et des anciens racontant leur histoire à la réunion des « Quarante ans et plus d'abstinence », l'événement vedette du samedi soir. À droite, l'album souvenir du congrès.

Première réunion des services d'Asie-Océanie

Longtemps après que Bob P., de Nouvelle-Zélande, ait eu l'idée d'une réunion de zone pour les groupes d'Asie et des îles du Pacifique, Tokyo accueille, en mars 1995, la première réunion des services d'Asie-Océanie. Bob préside la réunion, dont le thème, « Transmettez le message au pays voisin », insiste sur la responsabilité commune de la Douzième Étape dans cette partie du monde. Les délégués viennent de l'Australie, de Hong-Kong, du Japon, de la Corée, de la Nouvelle-Zélande et de Vanuatu.

www.aa.org

Avec l'accord du Conseil des Services généraux, le BSG de New York lance un site Web le 22 décembre 1995. D'un clic, les usagers peuvent désormais accéder à de l'information sur le mouvement en anglais, en espagnol et en français. Le site Web des AA du BSG évolue constamment. Au printemps 1998, le BSG partagera l'expérience de membres AA férus d'informatique en mettant en place une foire aux questions à l'intention d'entités AA désireuses de créer leur propre site Web. En 2000 et en 2006, « aa.org » connaîtra une expansion majeure.

1996

Se publica La Viña

Une édition espagnole du Grapevine paraît à l'été 1996. On retrouve, dans le nouveau magazine bimestriel La Viña, des articles traduits du Grapevine et des articles originaux en espagnol. La Viña est distribuée en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Espagne, et fera la joie, par la suite, des membres hispanophones du monde entier.

Un Conseil des Services généraux japonais

Un Conseil des Services généraux composé de huit administrateurs, dont deux non alcooliques, voit le jour à Tokyo, en janvier 1996. On estime alors que 3 500 à 4 000 membres forment 290 groupes. Les membres AA du Japon visitent et appuient ceux de la Corée, et vice versa. Au début du siècle, les AA du Japon se joindront au BSG de New York pour parrainer les groupes naissants de Mongolie. Ci-contre, une carte faite à la main, offerte par le district de Kansai à un cadre du BSG de New York, où on peut lire : « Bonne volonté, honnêteté et ouverture d'esprit, fondements du rétablissement. »

1997

Appui à l'Afrique équatoriale française

Le parrainage de pays africains par la France commence par un contact entre Jean-Yves M. et un Isolé du Cameroun, Donatien B., directeur de prison et alcoolique. Devenu abstinent, celui-ci décide de transmettre le message. En visite au Cameroun en 1998, Jean-Yves et Jean-François L. découvrent, surpris, que Donatien a fondé un groupe en prison qui compte 54 membres. Pendant son séjour, Jean-Yves rencontre des fonctionnaires, des directeurs de police et des membres du clergé. De 1998 à 2001, des visites annuelles en Afrique de membres AA de France aideront à créer des groupes au Bénin, au Tchad et au Togo. Ci-dessus, des villageois du Cameroun accueillent un visiteur du BSG avec chants et danses traditionnels, auxquels prend part son compagnon de voyage, un membre AA du groupe de Douala.

2000

Accueillir le millénaire à Minneapolis

Quelque 47 000 personnes célèbrent la libération de l'esclavage de l'alcoolisme au onzième Congrès international tenu à Minneapolis, au Minnesota, à l'été 2000, sous le thème « Transmettez le message au 21e siècle ». On se rappellera l'événement Walk-the-Walk, où un flot de participants de 86 nations suit la ligne bleue tracée entre le palais des congrès et le Metrodome Hubert H. Humphrey en route pour la cérémonie d'ouverture. Le vingt millionième exemplaire du Big Book est remis au groupes familiaux Al-Anon lors d'une cérémonie spéciale.

Premier congrès international Al-Anon

Quarante-trois ans après sa fondation, Al-Anon tient son premier congrès international. Cela se passe en juillet 1998 à Salt Lake City, en Utah. En cette fin de siècle, on dénombre 24 000 groupes Al-Anon et 2 300 groupes Alateen dans plus de 110 pays.

Deux millions de membres

En ce début de millénaire, on estime le nombre de membres AA dans le monde à 2 160 013. Autre jalon important en 2000, le nombre de groupes dépasse pour la première fois les 100 000.

D'un pôle à l'autre

Même dans les lieux les plus éloignés - le cercle polaire et l'Antarctique - les alcooliques ont eu le message AA, en 2000. Avec l'aide de groupes canadiens, les AA se réunissent sur la terre de Baffin et ailleurs dans le Grand Nord, pendant que des membres à la base aérienne McMurdo, en Antarctique, organisent des réunions pour le personnel militaire et autres visiteurs.

Un événement marquant en Amérique du Nord

En avril 2000 a lieu la 50e Conférence des Services généraux à New York. Les délégués de 92 régions AA des États-Unis et du Canada, des membres du Conseil et des dirigeants et cadres du BSG et de Grapevine entendent des rapports et passent en revue les finances, tout comme leurs homologues 50 ans avant eux. Entre autres, les délégués à la Conférence visitent le nouveau Bureau des Services généraux à Morningside Heights.

Parrainage aux antipodes

Les AA d'Australie, actifs depuis 1945, aident les membres de Phnom-Penh, au Cambodge, à fonder des groupes en langue khmère. Ils aident aussi à la création de groupes au Timor Oriental, en Nouvelle-Guinée et ailleurs dans le Pacifique. En Nouvelle-Zélande, où depuis des années on traduit la littérature AA en maori (ci-contre, la Prière de la sérénité), en fidjien, en samoan et autres, le bureau de services lance une initiative pour transmettre le message aux établissements pénitentiaires de 32 pays d'Océanie et du Pacifique.

2001

Le mouvement prend racine en Chine

En août 2001, deux membres du personnel du BSG de New York et le Dr George Vaillant (administrateur non alcoolique) sont allés en Chine rencontrer des médecins et assister à des réunions dans les trois groupes des AA de Chine existants - deux à Beijing et un Changchun. Le Dr Vaillant est invité à prendre la parole devant cinquante médecins pour parler d'alcoolisme.

Première femme présidente du Conseil

En 2001, une femme est élue à la présidence du Conseil des Services généraux pour la première fois : Elaine McDowell, Ph.D., (à droite), qui est membre non alcoolique du Conseil depuis neuf ans. Forte d'une expérience de plus de 28 ans dans la prévention et le traitement, le Dr McDowell voue une confiance totale aux principes AA.

Les AA à

Après l'attaque du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, à New York, des membres AA épuisés, parmi les équipes de pompiers, de policiers et de nettoyeurs, éprouvent le besoin de tenir des réunions AA près de Ground Zero. Un responsable de la Croix-Rouge signale au BSG avoir reçu plusieurs demandes en ce sens. La Croix-Rouge attribue alors aux membres AA une pièce dans un abri temporaire au sud-ouest du site, la porte ornée d'un cercle et d'un triangle. Pour accommoder tout le monde, on fournit une autre pièce au nord du site. Des réunions sont organisées par la Région 49 (Sud-Est de New York) et l'Intergroupe de New York. Les deux locaux permettent aux membres de se réunir, mais aussi de se reposer et de méditer. Des membres ont réalisé la plaque ci-dessous et l'ont offerte en souvenir au BSG et à l'Intergroupe.

Quatrième édition du Big Book

En novembre 2001, après quatre ans de développement et plus de 25 réunions de comités, une nouvelle édition du Gros Livre sort de presse. Les 164 premières pages restent inchangées, mais la nouvelle édition comprend 41 récits d'alcooliques abstinents (24 nouveaux et 17 « rescapés » de la troisième édition) présentant un plus vaste éventail de membres, en termes d'expériences, d'âge, de croyances et d'appartenance ethnique. Le BSG de New York envoie un exemplaire gratuit de la quatrième édition aux groupes des É.-U. et du Canada.

2002

Une réunion en Pologne

En avril 2002, Varsovie, en Pologne, accueille pour une Réunion de services de l'Europe de l'Est les délégués de 13 pays : Biélorussie, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Kirghizstan, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Pologne, République tchèque, Russie, Slovaquie, Ukraine, et des invités d'Allemagne et de Finlande. La rencontre se veut un pont vers les Réunions de services mondiales pour des pays qui n'y participent pas encore. Depuis les années 1980, les AA d'Allemagne parrainaient des groupes d'Allemagne de l'Est, de Tchécoslovaquie et de Hongrie, alors que la Finlande aidait la Russie. Dans beaucoup de pays, le nombre de membres continuera de croître, surtout en Pologne et en Russie, où l'on comptera, en 2004, 1 700 et 300 groupes respectivement. La carte à droite reproduit une partie de l'oeuvre d'art d'un membre des AA de Varsovie.

2003

Publication de Experience, Strength and Hope

En avril 2003, les AA publient Experience, Strength and Hope, un recueil de témoignages personnels publiés dans les première, deuxième et troisième éditions du Big Book, "Alcoholics Anonymous". Les membres peuvent désormais lire plusieurs des témoignages personnels des premiers membres des AA qui ont dû être éliminés pour faire place aux nouveaux témoignages qui reflète mieux la composition des membres au cours des ans. Un regard fascinant sur le passé des AA.

En Afrique subsaharienne

En juin 2003, la première Réunion de services de l'Afrique subsaharienne a lieu au centre de conférence Willow Park (ci-contre) de Johannesburg, en Afrique du Sud, et accueille deux délégués de chacun des pays suivants : Afrique du Sud, Botswana, Kenya, Lesotho, Malawi, Namibie, Tanzanie, Uganda et Zimbabwe, et des représentants des BSG de Grande-Bretagne et de New York. Cette rencontre fait partie d'une initiative de l'Afrique du Sud pour améliorer la coopération avec les professionnels et régler les problèmes de distribution de livres AA dans une région où l'on recense plus de 250 langues. Selon un délégué, « le repas familial du samedi soir était rempli de rires et d'échanges, et nous exprimions notre joie après une longue journée de travail intense ».

Succès en Amérique latine

Le parrainage entre pays, les nombreuses publications de littérature AA par les BSG d'Amérique centrale et du Sud, et la REDELA bisannuelle contribuent à la transmission du message à presque tous les pays d'Amérique latine. En 2004, on compte 13 280 groupes au Mexique et 4 680 au Brésil. Les pays latino-américains ayant plus de 200 groupes sont l'Argentine (850), le Venezuela (280), l'Uruguay (248) et Cuba (200). Ceux ayant plus de 100 groupes sont le Chili (147) et le Pérou (140). En 2003, la 13e REDELA depuis 1979 se tient à Maracaibo, au Venezuela (l'affiche à droite).

2004

Les 60 ans du A.A. Grapevine

En juin 2004, le magazine mensuel des AA, le A.A. Grapevine, célèbre ses 60 ans de publication continue. D'un bulletin de 8 pages créé par des bénévoles pour les membres des AA de New York, le Grapevine est maintenant une "réunion par écrit" internationale de 64 pages pour les membres des AA et son tirage dépasse 110 000.

Croissance en Mongolie

Le premier congrès des AA de Mongolie, en juillet 2004, est le fruit de six années de travail. Un médecin non alcoolique, le Dr Erdenebager, s'est d'abord intéressé aux AA et a demandé des réunions à l'extérieur des établissements de soins à Oulan-Bator. En 1999, deux membres abstinents depuis peu et un médecin sont allés voir à Moscou comment faire fonctionner le mouvement en Mongolie. À la suite de demandes de membres adressées au BSG de New York, AAWS a permis la publication, en 2002, du Gros Livre en langue mongole. Sous le parrainage des AA du Japon, les groupes de Mongolie passent de 25 en 2003 à 41 un an plus tard. La construction à flanc de montagne, ci-dessous est un temple bouddhiste dont les moines, sympathiques aux efforts des AA, ont reçu la visite d'un cadre du BSG.

Nouvel archivage numérique

Soixante ans de contenu de la revue Grapevine sont mis en ligne dans les Archives numériques du Grapevine, le 1er juillet 2004. Les abonnés peuvent accéder à quelque 12 000 articles, des milliers de lettres, l'histoire des AA en mouvement et d'innombrables blagues et dessins humoristiques. En cliquant sur « Digital Archive » dans la page d'accueil de www.aagrapevine.org, les abonnés peuvent chercher par rubrique, thème, date ou mot clé.

Stepping Stones devient site historique

En 2004, sur recommandation du Conseil de l'État de New York pour la sauvegarde du patrimoine, le gouverneur déclare site historique Stepping Stones, la maison de Bedford Hills où vécurent Bill et Lois à partir de 1941.

2005

70e anniversaire des AA à Toronto

Plus de 44 000 membres des AA se sont réunis à Toronto pour le Congrès international 2005 marquant les 70 ans qui séparent la rencontre de deux alcooliques abstinents d'un Mouvement à l'échelle mondiale de plus de deux millions de membres. Le thème "Je suis responsable" reprend celui du Congrès international de 1965 qui a aussi eu lieu à Toronto qui a marqué la naissance de la "Déclaration de responsabilité" bien connue.

Vingt-cinq millions de Big Books

Le vingt-cinq millionième exemplaire du Big Book, "Alcoholics Anonymous", a été remis au directeur de la prison de San Quentin au Congrès international à Toronto. C'est la manière que les AA ont choisie pour exprimer leur gratitude pour la longue tradition de soutien aux AA comme ressource pour les détenus alcooliques de cette institution. La première réunion des AA à San Quentin a eu lieu en 1941.

2006

La Viña célèbre son 10e anniversaire

Le magazine La Viña, la "réunion par écrit" des AA pour alcooliques hispanophones a été lancé en 1996. Au moment du 10e anniversaire de La Vina en juin 2006, son tirage atteignait 10 000 exemplaires, alors que son tirage initial était de 6 000.

Le AA Grapevine disponible en format audio

En juin 2006, le vénérable magazine mensuel des AA, le AA Grapevine, est offert en format audio sous le nom de AudioGrapevine. Les abonnés peuvent télécharger et écouter une grande partie du contenu du Grapevine, dont les témoignages personnels des membres des AA qui ont choisi de partager leur histoire.

60e anniversaire

En novembre, l’Afrique du Sud a célébré le 60e anniversaire des AA. L’événement a été souligné par un mini rassemblement qui a réuni plus de 300 personnes. Une bannière devant l’estrade principale annonçait le thème de l’événement : « Des ténèbres à la lumière – les AA en AFS 1946-2006 ». Parmi les articles en exposition, il y avait un Gros Livre de 1947, propriété de Solomon M., un des pionniers des AA en Afrique du Sud.

2007

Première réunion de la Zone d’Afrique centrale et de l’ouest

La première réunion de la Zone d’Afrique centrale et de l’ouest (RACO), parrainée par AA France, a eu lieu en novembre. Le but de la réunion est de transmettre le message à l’alcoolique qui souffre encore dans des régions où l’on parle plusieurs langues. Quatre pays francophones ont assisté à la première RACO : le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et le Tchad. À la fin de cette première réunion, les délégués ont voté pour tenir une RACO aux deux ans où deux délégués représenteront chaque pays.

2008

Publication du Gros Livre en espagnol

Une troisième édition, nouvelle, du Gros Livre en espagnol – Alcohólicos Anonimios – est publiée par A.A. World Services. Cette troisième édition comprend 32 nouvelles histoires de rétablissement, trois histoires traduites de la première édition anglaise du Gros Livre et 12 histoires reprises de l’édition espagnole précédente.

2009

Hommage aux cofondateurs

Bill et le Dr Bob ont été intronisés au Extra Mile Volunteer Pathway créé par le Points of Light Institute. L’organisme, situé à Washington, D.C., honore les personnes qui ont été à l’origine de mouvements bénévoles et qui sont devenus des modèles positifs.

Le Gros Livre des AA franchit une nouvelle frontière

Avril 2009 marque le 70e anniversaire de la publication du Gros Livre, Alcoholics Anonymous. Nous en sommes à la quatrième édition et l’on s’attend à ce que le 30 millionième exemplaire soit imprimé cette année. Disponible en 58 langues dont le Langage signé américain et le Braille, en plusieurs formats imprimé et audio, le texte de base des AA a transmis le message d’espoir et de rétablissement dans le monde entier.

Anniversaire important du groupe du pénitencier d’état de l’Oregon

Trente-cinq hommes et femmes membres des Alcooliques anonymes se sont réunis à l’extérieur du pénitencier d’état de l’Oregon (PEO), le seul établissement à sécurité maximale de l’Oregon, pour marquer le 65e anniversaire de la réunion du groupe Mill Creek des Alcooliques anonymes. La première réunion du groupe Mill Creek au PEO a eu lieu le 30 mai 1944.

2010

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