Bienvenue à l'audiothèque des Archives du Bureau des Services généraux. La collection comprend des exemplaires d'extraits audio de causeries des cofondateurs des AA, Dr Bob et Bill W., et autres personnes importantes.

En ondes:
Audiothèque des Archives

Les adieux du Dr Bob — Chers membres et amis des AA,

Je crois que manquerais à tous mes devoirs si je ne profitais pas de l’occasion pour vous souhaiter la bienvenue à Cleveland non seulement à cette réunion mais aussi à celles qui ont précédé. J’espère de tout cœur que la présence de tant de personnes, ainsi que les discours que vous entendrez, sauront être une source d’inspiration pour vous et que vous serez capables de faire partager cette inspiration aux garçons et filles qui n’ont pas la chance d’être ici. En d’autres termes, nous espérons que votre visite ici vous aura été à la fois agréable et profitable.

J’éprouve une grande émotion en regardant cet océan de visages devant moi, et je me dis qu’il y a bien des années, une petite chose que j’ai faite a peut-être contribué de façon infime à rendre cette réunion possible. J’éprouve aussi beaucoup d’émotion en pensant que nous avons tous connu le même problème. Nous avons tous fait les mêmes choses. Nous avons tous eu les mêmes résultats, proportionnels à notre ardeur, à notre enthousiasme et à notre persistance. Si vous me permettez d’introduire ici une note personnelle, je vous dirai que j’ai passé cinq des sept derniers mois au lit et que je n’ai pas retrouvé mes forces comme je le souhaiterais. C’est pourquoi mon exposé sera nécessairement très bref.

Il y a deux ou trois observations qui me sont venues à l’esprit et sur lesquelles j'aimerais m’attarder un peu. La première a trait à la simplicité de notre programme. Évitons de le gâcher avec des complexes freudiens et des notions qui intéressent les scientifiques, mais qui ont bien peu de rapport avec le vrai travail des AA. Réduites à leur plus simple expression, nos douze Étapes se ramènent à deux mots : amour et service. Nous savons ce qu’est l’amour et nous savons ce qu’est le service. Gardons donc ces deux choses présentes dans notre esprit.

        Pensons aussi à surveiller ce membre souvent fautif qu’est notre langue, et lorsque nous devons nous en servir, faisons-le avec bonté, avec délicatesse et avec tolérance.

        Une dernière chose. Nous ne serions pas ici aujourd’hui si quelqu’un n’avait pas pris le temps de nous expliquer certaines choses, de nous donner une tape sur l’épaule, de nous amener à une ou deux réunions, d’avoir pour nous quantité de petites attentions généreuses et délicates. Par conséquent, ne soyons jamais prétentieux au point de refuser ou de ne plus essayer d’offrir à des personnes moins chanceuses l’aide qui nous a fait tant de bien.

                                              Merci beaucoup,

 

Bill W. , au Congrès international de Long Beach, CA, 1960 — L’histoire de Bill qui a perdu son pantalon [extrait]

 

Bill W.: ‘J’étais dans une petite ville près de chez mon beau-frère. J’étais censé aller souper là. Je me suis mis à parler avec l’homme au garage ; j’ai oublié le souper ; j’ai oublié Lois.  C’était une soirée plutôt froide ; nous avions besoin davantage d’alcool pour nous tenir au chaud.  Et nous continuions de nous réchauffer. Je me suis enfin aperçu plusieurs heurs plus tard que je devais me préparer pour aller souper chez mon beau-frère. Je me suis mis à marcher et soudain, je me suis rendu compte qu’il était temps d’aller me coucher.

 

Puis, humm, il y avait un champ du côté de la colline, parallèle à la rue et humm, je m’y suis dirigé et je me suis étendu, c’était une nuit hivernale et je me suis réveillé. Bonté divine, j’étais gelé.

 

Je me suis extirpé, j’ai monté la colline jusqu’à la rue principale, j’ai descendu la rue principale, j’ai regardé vers le bas et mon dieu, j’avais mon manteau et ma veste et ma – mais pas de pantalon ! En pleine rue principale de Yonkers, New York.

 

Mon beau-frère et Lois m’ont accueilli à la porte. Ils étaient bouleversés.

 

Et puisque j’étais un sans pantalon, la phrase non dite fut : « Où es-tu allé ? »

 

Savez-vous que le lendemain matin, nous avons retrouvé ce champ, et j’ai reçu l’absolution pour au moins un péché, alors que mes souliers et mon pantalon – les souliers côte à côte et le pantalon soigneusement plié là, sur le gazon où je m’étais endormi.

  

Même alors, sans le savoir, j’étais condamné à l’obsession, à la folie et à la mort, sans même le savoir.’

 

Transcription d’un extrait : Enregistrement de Bill W. sur le « Règlement No 62 » et le « Groupe Middleton »

Enregistré en 1948

 

… Laissez-moi vous raconter l’histoire d’un groupe qui a décidé de combiner la recherche, l’éducation, le rétablissement et une bonne action. Il s’agit d’un groupe de Charleston, Virginie-Occidentale, qui n’aura pas d’objection, car une personne de ce groupe a un divin sens de l’humour et… euh… ils ont écrit au bureau pour dire qu’ils mettaient sur pied une de ces fondations tout usage et qu’ils avaient économisé de l’argent pour acheter un grand édifice pour y installer un club, un hôpital et un centre de rétablissement et qu’ils allaient faire de l’éducation, de la recherche et qu’ils allaient occuper le terrain. Qu’en pensions-nous? Vous savez qu’à New York nous sommes sur la corde raide et nous avons donc répondu que cela ne ressemblait en rien à l’expérience de la majorité et qu’il nous était déjà arrivé de songer nous-mêmes à faire ces choses, mais que nous avions changé d’idée et que cette décision leur appartenait. Ils ont donc décidé et nous ont répondu que les choses étaient différentes en Virginie et qu’ils en étaient venus à la conclusion qu’ils allaient créer cette fondation tout usage pour répondre au problème tout entier. Ils ont donc obtenu de l’argent et ont acquis un édifice et ont tenu toutes ces activités dans le même édifice. Pour s’assurer du bon fonctionnement, ils ont aussi écrit des statuts et voulaient que j’y appose mon sceau, en d’autres termes, que je donne mon approbation. J’ai bien sûr refusé de le faire. Après un certain temps, nous avons commencé à recevoir des lettres assez désespérées de Charleston. Il semblait que de nombreuses factions se soient manifestées et que cela avait créé des remous, un terrible gâchis et beaucoup de difficultés. Il en est pourtant sorti une perle de sagesse. L’homme qui avait lancé ce projet, ce leader inspiré, avait un sens de l’humour inhabituel, même chez les AA. Vous savez que nous, les alcooliques, avons un grand sens de l’humour, mais que c’est habituellement aux dépens des autres. Mais, cet homme riait de lui-même. Il a donc pris une carte d’à peu près ce format, il l’a pliée en deux pour qu’elle entre dans une enveloppe et il y avait imprimé quelques phrases. Il en a envoyé un exemplaire à tous les groupes des AA d’Amérique et quand vous la sortez de l’enveloppe, vous voyez sur l’extérieur de la carte « Règlement No 62 du Groupe des AA de Charleston » — cela laisse entendre qu’il y avait 61 autres règlements que celui-ci était le No 62. Curieux de voir ce règlement, vous dépliez la carte et vous pouvez y lire une seule phrase « De grâce, ne vous prenez pas tant au sérieux! » Cela mit fin à l’histoire de la fondation tout usage et a marqué le retour du groupe dans l’orthodoxie des AA. En conclusion, je crois que chaque groupe des Alcooliques anonymes devrait être une entité spirituelle qui n’a qu’un seul but premier, soit transmettre son message à l’alcoolique qui souffre encore.

Archives du BSG, 2010

Voir cette page en: English | Español