Chaque année, les Archives du BSG reçoivent des milliers de demandes de recherche et d’informations historiques. Les questions varient de très simples avec réponses faciles, à complexes demandant des heures de recherche. Si vous vous posez une question sur l’histoire des AA ou sur les archives, nous espérons que vous communiquerez avec nous (ou avec l’un des nombreux autres services d’archives des AA locaux et régionaux) afin de trouver la réponse. Vous trouverez ci-dessous certaines des questions les plus courantes qui nous sont posées aux Archives du BSG, et certaines de nos réponses.


 

Q. Est-ce que le BSG détient des informations sur l’historique de mon groupe d’attache ?

R. Souvent, le personnel des Archives du BSG peut fournir des informations détaillées sur les origines et l’historique des groupes. Bien sûr, la quantité d’information que nous détenons sur un groupe dépend de la quantité d’information que le groupe a envoyée au BSG au cours des ans. De plus, les groupes organisent souvent des réunions avant de prévenir le BSG. Par contre, nous pouvons rechercher des historiques de groupes et y trouver généralement des informations fascinantes. Communiquez avec les Archives du BSG pour obtenir plus d’informations.

 

Q. Quelle sont les origines de la Prière de la Sérénité ?

R. Pendant des années, nous nous sommes demandé qui a écrit la Prière de la Sérénité, et ses origines restent encore quelque peu mystérieuses, mais il est fort probable qu’elle ait été écrite par le Dr Reinhold Niebuhr, un théologien réputé qui a été pendant de nombreuses années doyen et professeur de christianisme appliqué au Union Theological Seminary de New York. Sur demande, les Archives du BSG peuvent fournir d’autres informations sur les origines historiques de cette prière.

Les Alcooliques anonymes ont connu l’existence de la Prière de la Sérénité en 1941, alors qu’elle avait été publiée dans le journal New York Tribune. Ruth Hock, la première secrétaire des AA et non-alcoolique, l’a immédiatement adoptée. Le personnel du siège social a pensé imprimer la prière sur une carte afin de la distribuer aux membres des AA.

Le 12 juin 1941, Ruth a écrit à Henry S., un membre des AA de Washington, D.C., qui exerçait le métier d’imprimeur. Elle a dit :

« L’un des hommes d’ici a découpé un texte dans un journal local, qui est tellement parfait et ils l’aiment tellement qu’ils m’ont demandé de communiquer avec vous pour connaître le coût d’impression sur une petite carte qui ressemblerait à une carte d’affaires, et qui pourrait se glisser dans un portefeuille… la voici… nous vous saurions gré de nous donner une réponse immédiate ».

 

Henry a répondu immédiatement et avec enthousiasme :

« …Vos cartes sont envoyées et félicitations à l’homme qui l’a découverte dans le journal. Je ne me souviens pas avoir lu une phrase qui nous convient si bien et pendant la journée, je l’ai fait lire aux AA qui sont venus au bureau et chaque fois, ils m’ont demandé un exemplaire. Je vous envoie 500 cartes car vous ne m’avez pas dit combien vous en vouliez. Incidemment, je ne suis qu’un salaud quand je suis saoul et naturellement, il ne peut pas y avoir de frais pour une chose de cette nature ».

 

Ruth a réponduà nouveau le 17 juin et a écrit :

« Votre réponse généreuse à ma demande de petites cartes est certainement très appréciée par nous tous ici. Nous sommes heureux que tant d’entre vous l’ayez aimée aussi, car cela me conforte dans mon sentiment qu’elle ‘vaut’ vraiment quelque chose. »

 

Q. Qui a écrit le chapitre 8 intitulé « Aux conjointes » ?

R. Bill est l’auteur du chapitre « Aux conjointes ». On croit généralement que Lois l’a écrit. Par contre, comme il est dit dans Transmets-le (page 214), Lois a dit : « Bill l’a écrit et cela m‘a choquée. » Elle a ajouté : « Pas tellement choquée, mais blessée. J’ignore toujours pourquoi Bill l’a écrit. Je ne me suis jamais arrêtée sérieusement à la raison pour laquelle il avait insisté pour l’écrire. Je lui ai dit : ‘Voudrais-tu alors que je l’écrive ?’ Il a dit non, il croyait qu’il devait être écrit dans le même style que le reste du livre ».

Les Archives du BSG conservent de nombreux renseignements historiques sur les écrits et les brochures de A.A.W.S. : les origines, le contenu, les révisions, les changements et les corrections qui ont été apportées au cours des ans.

 

Q. D’où vient la coutume de réciter le Notre-Père dans les réunions ?
R. Il est dit dans le livre Dr Bob et les pionniers que la prière était récitée depuis le début du Mouvement, aussi tôt qu’en 1938 et 1939. En ce temps-là, il n’y avait aucun écrit pour les AA et donc, les premiers groupes se fiaient grandement aux prières existantes, de même qu’à la Bible et aux écrits du Groupe Oxford pour inspiration et conseils.

Bill a souvent parlé dans sa correspondance de l’utilisation du Notre-Père depuis les débuts. Il a écrit dans une lettre à un membre en 1959 :

« Cette coutume vient probablement du Groupe Oxford, qui a eu une grande influence dans les premiers jours des AA. Vous avez probablement remarqué dans le livre Le Mouvement des AA devient adulte quelle était vraiment la relation de ces personnes avec les AA. Je crois que le fait de réciter le Notre-Père était une de leurs coutumes pour clore les réunions. Donc, il n’y avait qu’un pas pour que cela devienne une coutume chez nous. »

Bill a aussi écrit ce qui suit dans une lettre datée de 1955 :

« Bien sûr, il y a toujours ceux qui seront offusqués par l’introduction de quelque prière dans quelque rassemblement des AA. De plus, on se plaint souvent que le Notre-Père est un écrit chrétien. Malgré tout, cette prière est tellement répandue et reconnue que l’argument de ses origines chrétiennes semble un peu tiré par les cheveux. Il est également vrai que la plupart des membres des AA croient à une forme de dieu et que par sa grâce, on peut obtenir communication et force. Puisqu’il y a consensus sur la question, il n’est que normal qu’au moins la Prière de la Sérénité et le

Notre-Père soient récités dans nos réunions. Il ne semble pas nécessaire de se plier aux sentiments de nos nouveaux, agnostiques et athées, au point de cacher complètement ‘notre lumière sous le boisseau’.

Par contre, ici, l’animateur de la réunion demande généralement à ces personnes de se joindre à lui pour la récitation du Notre-Père si elles le veulent bien. Le pire qui peut arriver à ces opposants, c’est de devoir l’écouter. C’est sans doute là un exercice salutaire de tolérance à ce stade de leur évolution. »

 

Comme il est indiqué dans la lettre de Bill écrite en 1955, la récitation du Notre-Père dans les réunions a, sans l’ombre d’un doute, créé de la controverse dans certains cercles, et ce, presque depuis le début. Le BSG a répondu aux lettres sur la question depuis les années quarante et cinquante. Il en est continuellement question dans des articles du Box 459 et du Grapevine, et on en parle souvent à la Conférence des Services généraux. Par exemple, à la Conférence de 1962, l’une des questions du panier-aux-questions était : « Question : Quelle est la façon de procéder avec les personnes qui refusent de se lever pendant la récitation du Notre-Père ? Réponse : La participation – ou la non-participation – dans la récitation du Notre-Père devrait être considérée comme une question de conscience et de décision personnelles ».

Q: Quelle est l’histoire derrière le logo du Cercle et du Triangle ?

R : Le symbole du cercle et du triangle a longtemps été associé au mouvement des AA. Il a été adopté comme le symbole officiel des AA au Congrès international de St. Louis en 1955, et à partir de ce moment-là, il a été largement utilisé dans le Mouvement. Pour le Mouvement, les trois côtés du triangle représentaient les Trois Legs du Rétablissement, de l’Unité et du Service, et le cercle symbolisait le monde des AA. Dans le livre Le mouvement des AA devient adulte, le discours de Bill W. en 1955, dans lequel il décrit l’adoption du symbole, est reproduit :

« Au-dessus de nous flotte une bannière sur laquelle on retrouve le nouveau symbole des AA, un cercle entourant un triangle. Le cercle représente l’ensemble de tous les AA dans le monde et le triangle symbolise les Trois Legs des AA, le Rétablissement, l’Unité et le Service. C’est à l’intérieur de ce merveilleux nouvel univers que nous avons trouvé la libération de notre obsession fatale. Ce n’est peut-être pas par hasard que nous avons choisi ce symbole particulier. Les prêtres et les prophètes de l’antiquité voyaient dans le cercle entourant un triangle un moyen d’éloigner les esprits maléfiques, et chez les AA, le cercle et le triangle du Rétablissement, de l’Unité et du Service ont certainement représenté tout cela, et bien plus. » (p. 145)

Malgré tout, au début de 1990, A.A.W.S. a décidé d’abandonner progressivement l’utilisation du symbole du cercle et du triangle dans ses publications, en-têtes de lettres et autre matériel. Il a été décidé d’abandonner progressivement l’usage « officiel » ou « légal » du symbole du cercle et du triangle et en 1994, la Conférence des Services généraux a décidé par résolution que le logo serait enlevé sur toutes les publications approuvées par la Conférence. Par contre, le symbole est toujours associé aux Alcooliques anonymes (et à d’autres programmes de rétablissement en Douze Étapes), et il a une signification particulière pour tous les AA du monde.



Q: Quelle est l’origine des slogans typiques des AA comme « L’important d’abord » et « Un jour à la fois » ?
R. Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur les origines des slogans et des acronymes des AA, mais nous disposons de certains partages et de bribes d’informations. Un grand nombre de ces slogans, comme il en va d’autres pratiques chez les AA, ont simplement été transmis oralement à d’autres membres et donc, il n’est pas possible de savoir qui a commencé à les utiliser en premier. Il se peut que certains de ces slogans aient puisé leur source dans le jargon du Groupe Oxford, mais il se peut aussi que leur utilisation remonte à Bill, au Dr Bob et aux membres du début.

Les membres se sont toujours questionnés sur les origines des divers slogans, et il nous a toujours été difficile de trouver la bonne réponse ; en effectuant nos recherches, nous avons découvert une lettre de l’ancien archiviste du BSG, Frank M., écrite en 1989, qui a répondu à une question semblable qui lui avait été posée. Voici la réponse de Frank : « De nombreux membres se questionnent sur les origines de ‘Un jour à la fois’. Tout comme la coutume de se tenir la main, il est difficile de mettre le doigt sur la ‘date précise.’ ». C’est le cas pour la plupart de nos slogans AA, malheureusement !

Nous savons, par contre, que de nombreux slogans que nous entendons fréquemment existent depuis les premiers jours du Mouvement.

En décembre 1958, Ruth Hock (non-alcoolique), qui fut la première secrétaire des AA, a répondu à une question semblable concernant différents slogans. Ruth a écrit :

« … Bill [W.] et moi avons commencé à travailler ensemble en janvier 1936, alors qu’il était abstinent depuis un peu plus d’un an. ‘Agir aisément’, ‘Vivre et laisser vivre’, et ‘L’important d’abord’ faisaient partie de nos conversations. On les a aussi utilisés dans les toutes premières ébauches du livre, mais il est probable que seul Bill pourrait nous dire où il les a trouvés…

« À mon avis, c’est Bill W. lui-même qui les a adoptés, même s’il ne les a pas inventés.
« Certains de ces slogans pourraient avoir été utilisés dans les réunions du Groupe Oxford, mais il n’y a aucune façon de s’en assurer ».


En plus de la réponse de Ruth, à la page 236 de la biographie de Bill W., Transmets-le, il est aussi question de ce sujet :

« D’autres « scies AA » remontent à la fin des années 1930 : « L’important d’abord », « Agir aisément » et « Vivre et laisser vivre ». Comme elles apparaissent dans la première édition du Big Book (à la fin du chapitre sur « La famille et le rétablissement »), il est probable que ce soit Bill qui ait commencé à utiliser ces slogans qu’il aurait rapportés du Vermont – de vieilles scies avec de nouvelles dents. »

 

Q. Pourquoi les membres des AA reçoivent-ils des jetons et des médailles pour marquer leur abstinence ? Quand cette coutume est-elle née ?

R. On croit que le système des jetons tire son origine d’Indianapolis en 1943. La tradition aurait commencé avec Doherty S., qui a instauré les AA à Indianapolis. Dans une lettre adressée à Bill, Doherty elle-même semble indiquer que cet usage a débuté à Indianapolis en 1942.

En 1962, Nell Wing a écrit sur l’histoire des jetons : « Le système des jetons pourrait avoir débuté à Indianapolis… il en a été question dans une lettre de Doherty à propos de remettre des ‘jetons’ et des ‘médailles’. C’était en 1942. Je crois que ce serait juste, car la plupart des groupes du début ont été formés en 1940 et il fallait quelques années pour penser aux anniversaires et pour marquer une période d’abstinence. J’en ai parlé à Bill et selon lui, le système a débuté à Indianapolis. »

Dans le livre Dr Bob et les pionniers, il est dit que Sœur Ignatia d’Akron, qui travaillait à l’hôpital St. Thomas, utilisait aussi des médailles : « Chaque fois qu’un patient obtenait son congé, Sœur Ignatia lui remettait une médaille du Sacré-Cœur en lui demandant de la lui rapporter avant de prendre soin premier verre. Parfois, elle lui donnait également une médaille de Saint Christophe… (p. 195)

Nous ne savons pas avec exactitude qui est à l’origine de ce système, ou quand et comment il s’est répandu chez d’autres groupes. Ainsi qu’il en va de bien des choses chez les AA, la nature exacte de l’histoire nous échappe !


Q. Qui a écrit le Préambule des AA ? Quand le mot « sincère » a-t-il été enlevé du texte (i.e. « désir sincère d’arrêter de boire »), et pourquoi ?

R. Le Préambule a été publié pour la première fois dans le Grapevine en juin 1947, et il a été écrit par Tom Y., le rédacteur en chef du Grapevine à l’époque. Il voulait informer le public sur ce que sont les AA et sur ce qu’ils ne sont pas. Peu après, le Préambule a paru dans chaque numéro mensuel du Grapevine, et plus tard, dans la plupart des publications approuvées par la Conférence des AA. En 1992, le Grapevine a publié une courte histoire sur le Préambule.

Dans la version du Préambule de 1947, il y avait les mots : « … un désir sincère d’arrêter de boire… » tel que publié dans la préface de la première édition du Big Book. Par contre, depuis l’adoption de la version abrégée des Traditions en 1950, la Troisième Tradition a toujours été lue comme suit : « Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour devenir membre des AA » et cette forme a été utilisée par Bill quand il a écrit le livre Les Douze Étapes et les Douze Traditions.

En 1958, on a discuté en détail à la Conférence des Services généraux de l’expression « désir sincère ». On a jugé qu’il était impossible de déterminé ce qui constitue un désir « sincère » d’arrêter de boire et donc, le mot a été enlevé. La « nouvelle » version du Préambule, sans le mot « sincère », a paru pour la première fois dans le numéro du Grapevine de septembre 1958.

Il y a eu d’autres versions du Préambule écrites par des membres des AA pour les groupes de leur localité, et qui ont circulé dans les milieux AA, par exemple, le « Préambule du Texas », le « Préambule de Wilmington », et autres. De nombreux membres des AA trouvent ces versions intéressantes, mais elles n’ont jamais été adoptées par l’ensemble du Mouvement.

Q. J’ai entendu dire que Bill a toujours voulu changer le début de « Notre méthode » pour Jamais avons-nous vu faillir à la tâche celui qui s’est engagé à fond dans la même voie que nous » (plutôt que « Rarement avons-nous vu… ») Est-ce vrai ?

R. Non. La rumeur a persisté pendant des années à l’effet que Bill aurait voulu changer « rarement » pour « jamais ». Mais nous savons, de la bouche de Bill, que cela n’est pas le cas. Dans une lettre à Les V., écrite le 25 mai 1961, Bill W. a dit :

« … Vos commentaires sur l’utilisation du mot ‘rarement’ dans le Cinquième Chapitre du Gros Livre. Si je me souviens bien, nous y avons très longuement réfléchi au moment de l’écrire. Je crois que la principale raison pour avoir utilisé le mot ‘rarement’ était pour éviter tout ce qui aurait pu passer pour une garantie de 100 % des résultats. En assumant, bien sûr, qu’un alcoolique est assez motivé et assez sain d’esprit, cette personne pourrait réussir sur toute la ligne. Par contre, puisque la motivation et la santé mentale sont des valeurs tellement illusoires et variées, nous ne voulions pas nous montrer trop positifs. La profession médicale aurait pu nous faire des reproches très sévères … Je me souviens avoir réfléchi beaucoup à cela ».

 

De plus, il y a eu la question suivante et la réponse à la Conférence des Services généraux de 1970, dans le cadre des questions du Panier-aux-questions. Bien sûr, Bill vivait encore à ce moment-là, et il a pu répondre :

Q. Est-ce que Bill a déjà dit : « Si jamais il y avait un changement à apporter au Gros Livre, ce serait de remplacer le mot ‘rarement’ pour ‘jamais’ au début du Cinquième Chapitre ? »

R. « Non, Bill a dit qu’il n’avait jamais considéré cela ». (Rapport de la Conférence des Services généraux de 1970, p. 31)

Q. Quelle a été la raison d’écrire la Déclaration de responsabilité des AA ?

R. La Déclaration de responsabilité se lit comme suit :
Je suis responsable. Si quelqu’un, quelque part, tend la main en quête d’aide, je veux que la main des AA soit toujours là. Et de cela, je suis responsable.

Elle a été écrite pour le Congrès international des AA de 1965, qui a eu lieu à Toronto. J’ai inclus un article intitulé : ‘Comment Je suis responsable a-t-il fini par faire partie des AA’, tiré d’un bulletin de nouvelles des AA, le Box 4-5-9. L’article identifie l’ancien administrateur des AA, Al S., comme l’auteur de la Déclaration de responsabilité.

Dans l’album souvenir du Congrès de 1965, le Dr Jack Norris a écrit : « … Nous devons nous souvenir que les AA continueront d’être solides seulement si chacun d’entre nous le donne librement et avec joie à une autre personne, seulement si chacun d’entre nous accepte sa juste part de responsabilités pour parrainer ceux qui souffrent encore, pour la croissance et l’intégrité de notre Groupe, pour nos activités d’Intergroupe, et pour l’ensemble des AA. C’est en prenant cette responsabilité que nous trouverons la vraie liberté et une vie toujours satisfaisante. Les AA nous ont donné le pouvoir de choisir – de boire ou de ne pas boire – et ce faisant, ils nous ont donné la liberté d’être responsables de nous-mêmes. En devenant responsables de nous-mêmes, nous sommes libres d’être responsables de faire notre part chez les AA, et si nous n’acceptons pas cette responsabilité avec joie, nous perdons les AA. Étrange, n’est-ce pas ? »

Dans un article du Grapevine en octobre 1965, il a été question de la Déclaration de responsabilité, et Bill W. a exprimé son opinion :

Deux idées importantes ont été retenues dans les remarques de nombreux conférenciers, alcooliques et non-alcooliques en juillet, au Congrès des AA à Toronto. La première était l’admiration et la gratitude pour le succès étonnant des AA à rendre abstinents des centaines de milliers d’ivrognes désespérés. L’autre était le fait que le succès que les AA avaient connu depuis leurs débuts, il y a trente ans à Akron, Ohio en 1953, ne nous amène pas à sous-estimer la somme du travail encore à faire.

Le thème du Congrès était : La responsabilité : Je suis responsable… Si quelqu’un, quelque part, tend la main en quête d’aide, je veux que la main des AA soit toujours là. Et de cela, je suis responsable »."

Bill, un des fondateurs des AA, dans son discours devant plus de 10 000 participants à l’une des grande réunion pendant le Congrès, a insisté sur la nécessité de collaborer avec tous ceux qui œuvrent en alcoolisme, plus de 100 agences aux États-Unis et au Canada seulement, qui sont engagés dans la recherche, dans l’éducation sur l’alcool et dans la réhabilitation.

« Nous avons trop souvent désapprouvé et même tourné en ridicule les projets de nos amis, simplement parce que nous ne sommes pas toujours d’accord avec eux, a dit Bill. Nous devrions nous demander très sérieusement combien d’alcooliques ont continué de boire parce que nous avons refusé de collaborer de bon cœur avec ces nombreuses agences. Aucun alcoolique ne devrait perdre la raison ou mourir simplement parce qu’il n’est pas venu directement chez les AA au début ».

« La première préoccupation des membres des AA devrait être les buveurs problèmes que le mouvement est encore incapable de rejoindre », a dit Bill. Il a estimé qu’il y a 20 millions d’alcooliques dans le monde aujourd’hui, cinq millions aux É.-U. seulement.

Il a déclaré : « Certains ne peuvent pas nous rejoindre parce qu’ils n’ont pas assez souffert, d’autres parce qu’ils souffrent trop. Un bon nombre d’entre eux souffrent de complications mentales et émotives qui semblent hypothéquer leurs chances. Par contre, il est permis de croire qu’il y a quatre millions d’alcooliques dans le monde qui pourraient, seraient prêts et disposés à se rétablir si seulement ils savaient comment. Quand nous songeons que dans les 30 ans d’existence des AA, nous avons rejoint moins de dix pour cent de ceux qui seraient prêts à nous rejoindre, nous commençons à avoir une idée de l’énormité de notre tâche et des responsabilités auxquelles nous serons toujours confrontées ».

Il y a eu deux Résolutions de la Conférence des Services généraux concernant la Déclaration de responsabilité depuis sa parution. En 1971, la Conférence a recommandé que :

Le Comité de la Conférence, suivant le sentiment général de la Conférence, réaffirme tant l’esprit que la lettre de la Déclaration « Je suis responsable », faite au Congrès international tenu à Toronto en 1965.

Et en 1977, la Conférence a recommandé que :

Aucun changement ne soit apporté à la Déclaration de responsabilité, car elle a été préparée pour le Congrès international à Toronto, en 1965.

Q. Quelle est l’histoire derrière la Déclaration d’Unité des AA ?

R. La déclaration de l’unité se lit comme suit :

Parce que nous sommes responsables de l’avenir des AA, nous devons : placer notre bien-être commun en premier lieu et préserver l’unité de l’association des AA, car de cette unité dépendent nos vies et celles des membres à venir.

Elle a été écrite pour le Congrès international du 35e anniversaire des AA, qui a eu lieu à Miami Beach, Floride, en juillet 1970. Malheureusement, le service des Archives du BSG n’a aucun dossier concernant l’auteur de cette Déclaration.

Les documents dans notre collection indiquent que la déclaration a été rédigée conjointement par le Comité du Congrès international et l’ancien administrateur des AA, Al S. La correspondance fait allusion à Al, comme conseiller pour rédiger la déclaration. Nous sommes certains qu’Al a écrit la Déclaration de « responsabilité » qui a été présentée au Congrès international en 1965.

La déclaration d’Unité » a été lue par des délégués de différents pays le samedi soir, pendant la cérémonie d’Unité. Vous trouverez plus bas quelques brefs faits saillants de cette cérémonie, sous la présidence de l’ancien directeur général Bob H. :

« Comme vous le savez, le thème de cette Conférence est l’Unité à l’intérieur de notre Mouvement. Nous avons demandé à plusieurs de nos ex-délégués et membres d’outre-mer d’être sur l’estrade et de participer avec nous à l’adoption de notre nouvelle Déclaration d’Unité… »

« L’unité des AA est cette qualité particulière qui fait que notre Mouvement est unique. C’est le ciment qui tient notre société ensemble, la plateforme qui rend possible le ‘Service’ chez les AA. C’est davantage qu’une entente de principes, plus qu’une libération de dissensions destructives. C’est un lien tiré de partage d’expérience, comme celle que nous partageons ce soir.

« L’unité est notre valeur la plus précieuse, notre meilleure garantie pour l’avenir des AA. Puissions nous tous la chérie et la préserver, aujourd’hui et chaque jour qui viendra ».

Bob H. a ensuite demandé à tous les participants sur l’estrade de réciter la Déclaration d’unité, guidés par le Dr Norris.
Suite au Congrès international (1973), la Conférence des Services généraux a recommandé que :

La Déclaration d’unité soit ajoutée à toutes les publications lorsque faisable et de façon économique, et qu’un suivi soit fait par A.A. World Services, Inc.

Q. Quelle est l’origine de la Prière de la Troisième Étape et de la Prière de la Septième Étape qu’on retrouve dans le Gros Livre ?
[Prière de la Troisième Étape : « Mon Dieu, je m’offre à vous pour que vous fassiez de moi et avec moi comme bon Vous semble. Délivrez-moi de l’esclavage de l’égoïsme pour que je puisse mieux faire Votre volonté. Éloignez de moi les difficultés de sorte que ma victoire sur elles soit, pour ceux et celles que j’aurai aidés, un témoignage de Votre force, de Votre amour et de Votre mode de vie. Que j’accomplisse toujours votre volonté ! page 71]

[Prière de la Septième Étape : « Mon Créateur, je suis maintenant disposé à ce que Vous preniez tout ce que je suis, bon ou mauvais. Je Vous demande d’ôter de moi chacun des défauts qui m’empêche de Vous être utile, à Vous et à mes semblables. Accordez-moi la force de faire Votre volonté à partir de maintenant. Ainsi-soit-il » pages 85-86]

R. À notre connaissance, Bill a écrit lui-même les prières des Troisième et Septième Étapes. Dans le premier manuscrit, dactylographié en 1938, le libellé de ces prières est exactement le même que ce qu’on retrouve aujourd’hui dans le livre. Nous n’avons pas retracé ces prières dans aucun mouvement religieux, même s’il est probable que l’essentiel de leur message – sinon leur intégralité – provienne du Groupe Oxford. Le Groupe Oxford était un mouvement chrétien populaire dont Bill et Dr Bob ont fait partie et plusieurs principes spirituels des AA y trouvent leur origine.

Q. Bill a-t-il été a-t-il été proposé pour le Prix Nobel de la Paix ?

R. Bill n’a jamais été proposé pour le Prix Nobel de la Paix. En 1960, une personne de la région de New York a écrit à Bill à propos de la possibilité d’un Prix Nobel. Bill a répondu qu’il serait enchanté que des approches soient faites mais que le prix devrait être accordé aux Alcooliques anonymes et non à lui personnellement. Bill a clairement fait savoir que la somme d’argent qui y est attachée ne serait pas acceptée, car les AA n’acceptent pas les contributions de personnes ou organismes de l’extérieur des Alcooliques anonymes. De plus, il y avait la question de l’anonymat de Bill, ce qui n’aurait pas été possible dans le cas de ce prix très publicisé.

Au début de 1986, on a proposé de soumettre la candidature des Alcooliques anonymes au Prix Nobel. Après de longues et sérieuses délibérations, le Conseil des Services généraux des AA a affirmé que le prix en argent serait certainement refusé. De plus, en accord avec notre Dixième Tradition qui nous enjoint de n’offrir aucune opinion sur des sujets étrangers, aucun commentaire additionnel ne serait fait.

De son vivant, Bill a refusé plusieurs honneurs dont un doctorat honorifique en droit de l’université Yale. En 1976, après son décès, l’université de Norwich a voulu offrir à Bill un doctorat honorifique posthume en lettres. Cependant, cet honneur a été refusé par son épouse Lois, aujourd’hui décédée.

 

Q. Qui sont les récipiendaires des exemplaires historiques du Gros Livre ?

R. Le millionième exemplaire a été présenté au président Richard Nixon en avril 1973 ; le deux millionième exemplaire a été offert à Joseph Califano, secrétaire à la Santé, à l’Éducation et au Bien-être, en juin 1979. Lors du Congrès du Cinquantième anniversaire à Montréal, en 1985, on a remis le cinq millionième exemplaire du Gros Livre à Ruth Hock, qui avait dactylographié version après version du manuscrit original. Le dix millionième est allé à Nell Wing, secrétaire (non-alcoolique) de longue date de Bill et première archiviste des AA en juillet 1990. En 1996, le quinze millionième a été remis à Ellie Norris, veuve de l’ancien président du Conseil, John L. Norris, MD. En l’an 2000, le vingt millionième exemplaire a été remis aux Groupes familiaux Al-Anon. Le vingt-cinq millionième a été remis à Jill Brown, directrice de la prison de San Quentin, en juillet 2005 au Congrès international des AA à Toronto.

 

Q. D’où vient la coutume de se présenter en disant « Je suis alcoolique » aux réunions des AA ?

R. Tout comme c’est le cas pour d’autres coutumes chez les AA, celle-ci est entourée de mystère. Cependant, nous avons trouvé ce qui suit dans l’édition d’avril-mai 1987 du Box 4-5-9 :

« Qui a été le premier à débuter une réunion ou une intervention par la phrase : ‘Je suis alcoolique’ ?  Comment est née cette coutume répandue dans le monde entier ?  Bill avait l’habitude de dire ‘Personne n’a inventé les AA, ils se sont simplement développés.’ Il en va probablement de même pour cette formule classique de présentation aux réunions.

‘Plusieurs personnes nous posent cette question’, nous dit l’archiviste Frank M. ‘Malheureusement, il ne reste pas beaucoup de pionniers et peu d’entre eux peuvent formuler une hypothèse plausible. Alors, nous ne pouvons que faire des spéculations.’

Selon une amie des AA des premiers jours, la regrettée Henrietta Seiberling, l’expression remonterait au mouvement du Groupe Oxford, prédécesseur des AA, qui a connu son âge d’or au début des années 30. Mme Seiberling, une non-alcoolique qui avait cherché une aide spirituelle dans les réunions du Groupe Oxford, a présenté Bill à l’autre fondateur des AA, le Dr Bob, qui cherchait alors l’abstinence dans le Groupe d’Oxford.

Dans les petites réunions, les membres se connaissaient et n’avaient pas besoin de s’identifier. Cependant, dans les grandes réunions publiques, quand il y a avait des ‘témoignages’ comme dans les réunions des AA aujourd’hui, il devenait nécessaire de s’identifier. Il est donc probable que quelqu’un ait dit à un moment donné ‘Je suis alcoolique’, mais Mme Seiberling ne pouvait l’affirmer. Elle ne se souvenait pas non plus d’avoir entendu cette phrase dans les premières réunions des AA d’Akron avant la publication du Gros Livre. En fait, dit-elle, on prononçait rarement le mot ‘alcoolique’, du moins à Akron. Les gens se disaient ‘ivrognes’, ‘soulons’, ‘poivrots’ et toute autre épithète choisies reliée au mouvement de Tempérance qui est devenu populaire durant la Prohibition. Un pionnier des AA de New York a entendu pour la première fois l’expression ‘Je suis alcoolique et je m’appelle…’ Il croyait se souvenir que c’était après la Deuxième Guerre mondiale, en 1945 ou 1946. On sait, par contre, qu’en 1947, la RKO Pathé a produit un film intitulé ‘Je suis alcoolique’. Après, comme le disait Bill, la coutume a simplement pris de l’ampleur.

 

Q. Qu’en est-il de la citation de Herbert Spencer qui apparaît dans l’Appendice II du Gros Livre ?

R. La citation d’Herbert Spencer a été publiée la première fois dans la première impression de la première édition du Big Book (1939), à la page 380, au début du témoignage intitulé ‘La conception d’un artiste’. La citation a accompagné cet article dans les 16 réimpressions de la première édition, entre 1939 et 1955. Ce témoignage a été omis lors de la seconde édition du Big Book en 1955 – et la citation de Spencer a subi le même sort. La citation de Spencer n’apparaît pas dans la première impression de la deuxième édition (1955) ni dans la deuxième impression de la deuxième édition (1957). Cependant, on a ajouté la citation dans la troisième réimpression de la deuxième édition en 1959, à la fin de l’Appendice II, où elle apparaît encore aujourd’hui.

Nous n’avons pu retracer la source de cette citation dans l’œuvre de Spencer, un prolifique auteur sur une foule de sujets. On attribue la citation à Spencer à la page 650 de The Great Quotations compilé par George Seldes et publié en 1961. Plus récemment, un chercheur a fait de longues recherches sur l’origine de la citation et il en est venu à la conclusion qu’elle vient d’une œuvre d’apologie chrétienne du théologien britannique du XVIIIe Siècle, William Paley. Ne pouvant ni confirmer ni infirmer cette affirmation, nous vous l’offrons comme information complémentaire.

Voir cette page en: English | Español